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Finalistes du prix Bernadette Renaud – second volet

Anne-Marie Aubin

Tel que mentionné dans mon dernier article, l’Association des auteur/e/s de la Montérégie récompense chaque printemps des écrivains pour leur texte, et ce, dans différentes catégories. Cette année, pandémie oblige, la remise des Grands Prix Littéraires de la Montérégie édition 2020 est reportée en septembre. D’ici là, je vous invite à lire les titres finalistes.

Parmi les textes en lice pour le prix Bernadette Renaud (décerné de façon bisannuelle à l’auteur/e d’une œuvre pour la jeunesse: roman, poésie, conte, récit, nouvelle), je vous présente Le tigre de porcelaine . L’auteure, Danielle Marcotte, est née à Montréal et habite Longueuil depuis quelques années. Elle a signé plus de vingt titres dont la plupart sont destinés à la jeunesse.

Un roman social

Le tigre de porcelaine nous transporte à Montréal, dans les années 60 : le métro est en chantier, le FLQ fait sauter des bombes et on se prépare à accueillir l’exposition universelle. C’est dans ce contexte que Clara, jeune pianiste de 13 ans, se prépare à un concert dans le but d’obtenir une bourse qui lui permettra d’entrer au Conservatoire de musique.

Le roman débute alors qu’elle observe l’assistance avec fébrilité : « Elle craignait que les bombes, qui éclatent en ville depuis quelques semaines, ne découragent les gens d’assister au concert.» Ce soir-là, tout va changer pour Clara et sa famille :  « Cette situation ne peut plus durer. Elle doit faire quelque chose maintenant. »

Être étranger

Le papa de Clara, Elijah Dillon, est imprimeur; sa maman, Simone, victime de racisme, doit faire des ménages chez les riches: « Je suis métisse, je te le rappelle. Il m’est très difficile de trouver rapidement un emploi de bureau, toute bardée de diplômes que je suis. » Brendon, son frère aîné, discute avec vigueur et dénonce la situation des étudiants étrangers. Clara, comme Brendon, ne supporte pas de voir ses parents soumis devant l’humiliation. Elle a envie de rugir comme un tigre.

Heureusement, les années 60 apportent beaucoup de changements. Le Québec s’ouvre au monde, l’éducation se démocratise et de nombreux étrangers, séduits par leur visite à Montréal, viennent s’installer au pays.  

Le tigre

La famille Dillon traverse des moments difficiles, la tension est palpable. La jeune pianiste a du mal à se concentrer, à faire ses gammes, à déchiffrer sa partition, elle craint de ne pouvoir réussir à temps pour participer au concert de fin d’année. Clara confie ses inquiétudes à Madame Ferry, sa professeure de piano, qui l’encourage. Sa grand-mère, mamie Lou – qui habite sous le même toit que ses parents, ses trois frères et ses deux sœurs – lui raconte que les tigres doivent souvent faire plusieurs essais avant de s’emparer de leur proie : « Détermination, courage et patience : tel est le secret de la réussite selon elle. » De plus, Mamie Lou est seule à connaître le grand secret de ce fameux petit tigre de porcelaine qui sauvera la famille de Clara.

Danielle Marcotte raconte avec une grande finesse la situation précaire de cette famille à travers le personnage de Clara, jeune fille inspirante et sensible. Ce roman demeure tout à fait d’actualité avec cette jeune adolescente attachante qui dénonce le racisme et s’impose à la manière de Rosa Parks, et son frère qui défend les droits des étudiants étrangers. Voilà un texte touchant et plein d’espoir à faire lire à nos jeunes. 

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Danielle Marcotte. Le tigre de porcelaine. Illustrations de Jean-Luc Trudel. Soulières éditeur, 2019, 98 p.(Chat de gouttière, 70)

 

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