Culture
Fragments d'histoire - Quelques anecdotes de notre histoire locale (7)

Les attentats du FLQ à Sainte-Madeleine

2 août 1965, 22 h30. Un train de marchandises en provenance de Québec se dirige vers Montréal. Soudain, une violente explosion survient juste devant le train sur la voie ferrée du CN à Sainte-Madeleine.

La détonation détruit la voie ferrée sur un peu plus d’un mètre. Le conducteur du train se rend vite compte que le convoi ne pourra pas s’arrêter à temps.

« Le conducteur tenta le tout pour le tout, raconte le Montréal-Matin. Il accéléra et le convoi réussit à franchir l’obstacle sans que le train ne déraille. »

L’attentat était l’œuvre du Front de libération du Québec (FLQ). Aujourd’hui, près de 60 ans plus tard, on peine à imaginer cette époque tumultueuse du Québec. Plusieurs groupuscules réunis au sein du FLQ rêvent de révolution et font exploser les symboles de l’impérialisme britannique : boîtes aux lettres, édifices fédéraux, casernes de l’armée, statues et voies ferrées sont pris pour cibles.

Les auteurs de ces attentats volaient la dynamite dans les nombreux chantiers qui avaient cours à cette époque-là, notamment au métro de Montréal alors en construction. D’autres cellules volaient des armes dans des casernes militaires et organisaient des hold-up dans des banques pour financer les attentats!

Ce ne sera pas le seul incident impliquant le FLQ dans la région. L’année précédente, au printemps 1964, une autre section de la voie ferrée à Sainte-Madeleine avait été sectionnée. Peu de temps après, la GRC et la SQ avaient fait une perquisition dans deux endroits, dont un chalet situé à Saint-Damase. Les limiers avaient arrêté 5 individus et mis la main sur 135 bâtons de dynamite et 35 détonateurs. Ceux-ci furent condamnés à 4 et 3 ans de prison.

Or, l’attentat du 2 août 1965 était lié aux événements de 1964. « Les enquêteurs croient que des « connaissances » (…) sont venues prendre la relève et d’autres actes de sabotage de même genre sont susceptibles de se produire prochainement », écrivait alors Le Clairon dans sa livraison du 5 août.

Heureusement, il ne semble pas que le FLQ ait commis d’autres attentats dans la région.

(Source : FLQ : histoire d’un mouvement clandestin, Louis Fournier, VLB éditeur.)