Alain Bérubé
Depuis 50 ans, Les Chamaniers de Saint-Hyacinthe sont de véritables ambassadeurs de la danse traditionnelle au Québec. L’enthousiasme de leurs fondateurs s’est transmis de génération en génération pour ainsi devenir une troupe qui fait revivre le folklore d’ici avec toujours autant de ferveur.
Les débuts des Chamaniers remontent en fait en 1972, alors qu’un groupe de jeunes adultes ont manifesté leur intérêt pour la danse folklorique.
Au fil des ans, sous la direction de Lucie Raîche, la troupe Les Shamans de Saint-Hyacinthe a pris sa place en partageant généreusement sa passion.
« Le nom de Shaman leur a été inspiré par sa signification, soit un guérisseur des nations et communautés autochtones, qui se voulait médecin, grand prêtre et qui dansait et chantait pour faire venir les bons esprits », peut-on lire sur le site Web des Chamaniers.
Le directeur général Marc-Antoine Roux, qui a lui-même œuvré comme danseur, affirme qu’après un demi-siècle, cet ensemble folklorique continue de présenter avec brio un vaste répertoire musical qui traverse le temps. Les Chamaniers jouent selon lui un rôle rassembleur.
« On a pour mission de rejoindre toutes les générations. Les plus âgés nous disent que nos spectacles leur rappellent des souvenirs, alors qu’on accroche aussi les plus jeunes avec une musique dynamique et des costumes colorés », soutient-il.
L’école de danse représente pour les Chamaniers une opportunité unique de rejoindre encore plus de gens.
On y retrouve des groupes de divers niveaux, soit le pied-mariton, la farandole, le triolet, le contretemps, la troupe et la refoulade.
« Nous avons parmi nous, depuis une dizaine d’années, des participants adultes – dont un âgé de 72 ans – qui ne souhaitent pas nécessairement faire des spectacles. Ils viennent danser pour le plaisir. De plus, nous sommes associés depuis deux ans avec l’école René-St-Pierre qui s’adresse à une clientèle ayant des besoins particuliers », indique M. Roux, qui est le premier directeur général de l’histoire des Chamaniers.
Une portée internationale
La troupe maskoutaine, qui brûle les planches régulièrement à travers le Québec, aime abattre les frontières. À tous les deux ans, les Chamaniers se donnent comme défi de faire danser et vibrer la planète.
La plus récente tournée, d’une durée de 20 jours, se terminait le 2 août dernier en Pologne.
Les Chamaniers ont ainsi terminé les festivités du 50e anniversaire en beauté en participant au Festival international de folklore Silesia. Ils ont bénéficié d’un bel accueil de la part de l’ensemble national polonais Zespół Pieśni i Tańca Śląsk, à Koszęcin.




Ces membres de la troupe, âgés de 14 à 24 ans, ont pu faire connaissance avec les cultures de la France, de Taïwan, du Chili et de la Pologne. La délégation, qui incluait des musiciens et des accompagnateurs, était formée de 25 personnes, dont 18 danseurs.
M. Roux parle d’une expérience exceptionnelle, remplie d’émotions et de rencontres uniques.
« Je suis fier qu’on puisse ainsi faire connaître notre musique à l’étranger. Pour notre voyage en Pologne, tout comme lors des tournées précédentes, nous mettons sur pied des campagnes de financement de manière créative. On contribue financièrement en donnant de petits montants, mais c’est vraiment l’énergie de nos jeunes membres qui fait la différence. Et sur place, on a vécu des moments uniques en s’ouvrant aux autres. La danse permet de rapprocher des gens provenant d’horizons différents », confie-t-il.
L’avenir des Chamaniers s’annonce lumineux, avec plus de 75 personnes qui gravitent autour de la troupe.
« Chaque direction artistique apporte sa couleur, mais les notions de plaisir et d’inclusion ont toujours fait partie des meubles. Notre esprit de groupe fait une grande différence. On voit vraiment le meilleur de chaque membre lors de nos activités », conclut M. Roux.
Pour en savoir davantage sur la troupe et sur l’école de danse : www.leschamaniers.com.

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