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Musique

Un nouvel album pour l’artiste William Jourdain, alias Automatisme

Catherine Courchesne

Depuis 10 ans, William Jourdain travaille chez Fréquences Le Disquaire, un magasin de disques populaire du centre-ville de Saint-Hyacinthe. C’est l’emploi idéal pour inspirer cet artiste qui, sous le nom d’Automatisme, a su faire son chemin dans le milieu de la musique électronique expérimentale. Il vient d’ailleurs de lancer un tout nouvel album intitulé Terrain Reduction.

Automatisme, un nom d’artiste inspiré du mouvement automatiste des années 1940, mouvement moderniste québécois reconnu pour avoir libéré les arts visuels de la représentation d’objets concrets. Avec ses créations, William Jourdain cherche sensiblement cette même liberté artistique en repoussant les limites des nouvelles technologies dans la musique électronique expérimentale. Pour ce faire, il explore notamment le glitch, soit des sons produits par le dysfonctionnement d’un dispositif électronique, ou encore, la dub techno, se résumant par une atmosphère plus dense et des textures plus travaillées.

Automatisme au Festival Mutek. Photo : Myriam-Menard

De la musique vivante

Pour ses compositions, Automatisme utilise également des méthodes dites semi-génératives, rendant le résultat ouvert et instable. « Les partitions génératives dans les logiciels de production musicale sont faites à l’aide d’outils se servant de probabilités de générer des évènements sonores, tels que des notes, des modulations ou des rythmes, explique-t-il. Par conséquent, je me retrouve entre la musique générée de façon autonome et la musique à partition. C’est pourquoi mes œuvres sont différentes et vivantes à chaque performance. »

Un processus créatif issu de l’altermodernisme

Quant à son nouvel album Terrain Reduction, l’artiste s’est inspiré des écrits du penseur français Nicolas Bourriaud au sujet de l’altermodernisme. « L’altermodernisme réfléchit sur la globalisation et la saturation du temps et de l’espace. Dans mon dernier disque, j’applique ce concept à la temporalité et à l’espace du son et du paysage pour créer des rythmes et des ambiances sonores et visuelles. L’album est donc une tentative de rendre apparent un autre (alter) espace sonore », souligne l’artiste.

Travailler seul et en duo

William Jourdain travaille généralement en solo depuis son studio. La preuve, il a fait 100 % des étapes de Terrain Reduction, soit la composition, le mixage, sans oublier la production. Cela dit, il a toujours un projet collaboratif en parallèle. « Collaborer me permet de sortir de ma zone de confort en explorant des avenues sonores complémentaires et différentes de celles de mes projets solos. Par exemple, présentement, j’ai un duo avec un artiste allemand. Ensemble, on compose de la musique disco déconstruite. »

Un morceau particulièrement réussi

Bien qu’Automatisme soit fier de l’ensemble de son nouvel opus, il considère que la deuxième pièce de celui-ci, intitulée Terrain, représente, pour lui, un accomplissement tout particulier. « C’est une composition d’environ 20 minutes séparées en neuf parties. C’est la plus longue composition rythmique que j’ai réalisée. Elle a nécessité beaucoup de variations, car l’écoute de percussions sature plus rapidement que la musique ambiante. » Curieux de l’écouter ? La pièce est disponible uniquement sur le format CD de l’album.

Prêt pour la suite

La pandémie n’arrête en rien William Jourdain. L’artiste prévoit aller en Europe et en Afrique à la fin de 2021 pour donner des concerts et faire une résidence de création. Également, de son duo de musique disco expérimental naîtra un album à découvrir assurément.

 

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