Culture
Fragments d'histoire - Quelques anecdotes de notre histoire locale (6)

Une taverne bien spéciale

L’annonce de l’inauguration de la Taverne Willie Lamothe, parue dans Le Courrier du 23 mai 1965.

Jamais une taverne n’a autant marqué la petite histoire de Saint-Hyacinthe. Le 25 mai 1963, Willie Lamothe inaugurait sa nouvelle taverne dans la côte de la rue Saint-Denis à Saint-Hyacinthe.

La nouvelle s’était même retrouvée dans le Télé-Radiomonde du 27 avril 1963, sous le titre « Willie le cowboy aura son saloon ». On y indiquait que le célèbre chanteur se faisait tavernier, imitant son ami Doris Lussier.

Il n’aurait possédé l’établissement que deux ans si on se fie à Gérald Godin dans un article du magazine Maclean de décembre 1965. Artiste insécure, Willie Lamothe se trouvait dans un creux de vague dans sa vie professionnelle. La musique western était moins populaire, il n’était plus aussi présent à la radio et il venait de coanimer une émission folklorique au Canal 10, Chez Isidore, en compagnie de Pierre Daigneault.

Avec sa truculence habituelle, Willie Lamothe explique à Gérald Godin ce qui l’a motivé à acquérir cette taverne :

« Moi, j’ai des idées. Ma taverne à Saint-Hyacinthe, quand je l’ai achetée, il y avait deux personnes le samedi soir. J’en ai fait une taverne de style western. Des photos de cow-boys, les murs lambrissés de bois, la bière servie en bock, des tables rondes, des pichets sur les tables, Je vais la vendre, je vais faire de l’argent avec. J’ai pensé une heure. Il y en a qui pensent toute leur vie, puis ils font jamais une cenne. »

Même s’il n’en était plus propriétaire, la Taverne chez Willy aura subsisté longtemps sur la rue Saint-Denis, attirant une clientèle qui s’est renouvelée au fil des années. Selon le comédien Marc Messier, lui qui l’a fréquentée du temps de ses études en théâtre au Cégep de Saint-Hyacinthe, elle a même inspiré les auteurs de Broue.

Bien que l’établissement soit disparu depuis longtemps, son souvenir est encore bien présent chez de nombreux Maskoutains lorsqu’ils empruntent la rue Saint-Denis.