Alexandre D'Astous
L’aréna du Centre sportif d’Acton Vale a été le théâtre d’un match de hockey amical pour le moins rassembleur, le 10 février dernier alors que les Mustangs, une équipe de hockey en adaptation scolaire composée d’élèves de la polyvalente Robert-Ouimet d’Acton Vale affrontait une équipe formée de membres du personnel de l’école et de gestionnaires du Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSSH), dont le directeur général par intérim, Patrice Brisebois, un passionné de hockey, tout comme son homonyme, ancien défenseur du Canadien de Montréal.
Mise sur pied en 2023, l’équipe de hockey en adaptation scolaire s’adresse à des élèves de 12 à 16 ans présentant des difficultés d’apprentissage ou comportementales, un trouble du langage ou un trouble du spectre de l’autisme.
« L’ancien psychoéducateur de l’école travaillait avec des adolescents qui avaient des besoins plus particuliers que la moyenne. Nous avons la chance d’avoir accès à la patinoire de l’aréna directement. Il les amenait jouer au hockey pour se défouler. Le sport est un très bon moyen pour l’autorégulation. À son départ, le projet avait été abandonné. À mon arrivée à l’école comme intervenante, il y avait beaucoup de demandes des élèves qui voulaient jouer au hockey, mais qui n’ont pas le bagage pour jouer dans les équipes scolaires régulières. On s’est dit que ce serait une bonne idée de mettre sur pied une équipe d’adaptation scolaire avec l’aide de ma collègue Cynthia Bédard », raconte Kim Hains-Brousseau.
Ce projet vise plusieurs objectifs : favoriser la création de liens positifs, développer les compétences sportives, renforcer le sentiment d’appartenance à l’école et soutenir l’apprentissage de la gestion des émotions dans des situations pouvant être anxiogènes.
Un encadrement étroit et bienveillant
Les élèves bénéficient d’un encadrement étroit et bienveillant, grâce à la présence constante de trois entraîneurs spécialisés et de deux intervenantes. « Nous encadrons les jeunes au niveau de la gestion des émotions et de la gestion de conflits. Ça prend beaucoup d’encadrement et de temps, mais ça vaut la peine. C’est vraiment une réussite », affirme Mme Hains-Brousseau.
« Ce projet a un effet direct sur le raccrochage scolaire et sur la diminution de la consommation de substances psychoactives chez certains élèves », souligne la directrice de la polyvalente Robert-Ouimet, Valérie Trottier-Letarte, qui a elle aussi chaussé les patins pour l’occasion.
« Les programmes d’adaptation scolaire jouent un rôle essentiel dans la réussite et l’épanouissement de nos élèves. Des projets comme celui-ci démontrent qu’en adaptant nos approches et en misant sur les forces des jeunes, nous pouvons leur offrir des parcours signifiants et porteurs de réussite », poursuit Patrice Brisebois.
Kim Hains-Brousseau assure que des jeunes restent à l’école pour le hockey. « Nous avons des jeunes qui ne viennent pas à l’école sauf les journées de pratiques et de matchs. Ce n’est pas du 100%, mais c’est quand même ça de plus ».
Les pratiques sont dirigées par des entraîneurs tandis que les intervenantes gèrent les émotions. « C’est un très beau travail d’équipe. Nous sommes cinq personnes. On communique beaucoup entre nous. Nous avons des jeunes qui ont des troubles de communication ou qui présentent un trouble du spectre de l’autisme (TSA) », indique Mme Hains-Brousseau.
Du travail avec du visuel
Cynthia Bédard est spécialisée avec les TSA. « Je travaille beaucoup avec du visuel pour leur expliquer les hors-jeux et leurs positions sur la glace. Je leur explique le rôle d’un attaquant et le rôle d’un défenseur. Tout cela en décortiquant avec des dessins et du visuel. Nous sommes capables d’avoir une belle évolution de leur apprentissage sur la glace. Ce serait super intéressant que les autres écoles du centre de services scolaire embarquent dans notre projet ».
« Ce qui est beau dans notre projet, c’est de voir des jeunes qui n’ont pas le même âge ou les mêmes besoins s’entraider. On voit des plus vieux aider les plus jeunes ou aider ceux qui présentent un TSA. C’est vraiment beau de les voir sur la glace », poursuit Mme Hains-Brousseau.
Depuis cette année, les jeunes peuvent s’afficher dans l’école en tant que Mustangs, ce qui favorise encore plus leur sentiment d’appartenance
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