Roger Lafrance
Les médias sont souvent obsédés pour les mêmes sujets. Il s’agit qu’ils s’emparent d’une problématique pour qu’ils ne parlent que de ça.
C’est le cas du coût de l’alimentation qui a beaucoup augmenté ces dernières années et qui augmentera encore en 2026. Début décembre, la nouvelle a fait le tour des médias : selon l’Université de Dalhousie, on prévoit qu’il en coûtera 1000 $ de plus pour une famille de 4 personnes pour s’alimenter.
Mettons les choses en perspective, voulez-vous. D’abord, il s’agit d’une prévision. Sans rien enlever aux chercheurs, bien des choses peuvent se passer en 2026. Aussi bien essayer de prédire les sautes d’humeur de Donald Trump…
Quand on remet cette prévision par personne par semaine, on arrive à une hausse de 4,80$ par personne par semaine. Avouons que ce n’est même pas si dramatique… Précisons qu’en 2012 (c’est la plus récente donnée que j’ai trouvée), le Canada était le 3e pays au monde où le coût pour s’alimenter était le moins élevé.
Loin de moi l’idée de minimiser les hausses des prix à l’épicerie. Depuis la pandémie, tous les aliments ont subi des hausses importantes, incluant les repas aux restaurants. Il faut comprendre que le coût des aliments s’appuie grandement sur l’offre et la demande. C’est ce qui explique que le café, le chocolat ou le bœuf soient devenus si dispendieux.
Face à cela, bien des gens ont changé leurs habitudes en magasinant chez les enseignes à bas prix, dont certaines sont américaines. Et c’est là que j’éprouve un certain malaise.
On oublie que le coût n’est qu’un des éléments qu’il faut considérer dans nos choix alimentaires. La qualité des aliments, leur provenance et les normes de production sont aussi à considérer. Acheter un produit qui implique des hormones de croissance ou l’exploitation des travailleurs n’est certainement pas la solution.
Lorsque je travaillais à l’ACEF Montérégie-est, il m’arrivait souvent de donner des ateliers sur l’alimentation. Je ne parlais jamais du lieu d’achat. Pour faire des économies, je privilégiais principalement trois avenues: bien se préparer (faire une liste d’épicerie, parcourir les circulaires, entre autres), cuisiner et éviter le gaspillage. À eux seuls, ces trois éléments permettent de faire des économies importantes sur sa facture d’épicerie.
C’est là que j’arrive à la solidarité envers le milieu agricole. Faut-il arrêter de s’approvisionner localement afin de payer moins cher? Il y aura toujours des pays où les coûts de production seront moins chers, où les salaires payés aux travailleurs sont faméliques, où les normes environnementales sont moins élevées qu’ici.
Avec tout ce qui se passe sur le plan mondial, il devient plus important que jamais de faire preuve de solidarité envers nos producteurs et nos commerçants locaux. C’est par l’entraide et le soutien que nous pourrons mieux nous alimenter et avoir une économie plus forte.
À Saint-Hyacinthe, nous avons la chance de vivre dans un milieu fortement agricole. C’est une très grande richesse. Nous pouvons acheter directement des producteurs, cueillir nos fruits et légumes dans les champs, participer à du glanage. Nous avons aussi des organismes locaux qui offrent des façons d’économiser sur notre facture d’épicerie.
Bref, payer le moins cher possible n’est pas toujours la bonne solution.
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