Opinion

Une élection qui s’annonce intéressante

Image : FREEPIX

C’est dans les prochains jours que seront déclenchées les élections au Québec. On ne connaît pas encore la date du début de la campagne électorale, mais celle du scrutin, elle, est fixée depuis longtemps : ce sera le 5 octobre prochain.

Une élection est toujours un moment important dans nos sociétés démocratiques. Bien des peuples n’ont pas cette possibilité de choisir, librement, ceux qu’ils désirent à la tête de leur gouvernement. Ne l’oublions jamais.

Les Maskoutains seront particulièrement chanceux (!) car ils auront droit à deux élections au cours des prochains mois. À l’élection québécoise, s’ajoute la partielle au fédéral suite à la démission de Simon-Pierre Savard-Tremblay qui a choisi de représenter le Parti Québécois. On ne sait pas quand aura lieu ce scrutin mais l’annonce ne saurait trop tarder.

Bien malin celui ou celle qui pourrait prédire l’issue de l’élection québécoise. Alors qu’il y a un an, on prédisait une victoire facile du Parti Québécois et la disparition de la Coalition Avenir Québec, rien n’est moins sûr aujourd’hui.

Depuis sa nomination, la première ministre Christine Fréchette a su donner un nouvel élan à son parti en se distançant de l’ère Legault. Même au cœur de l’été, elle a été particulièrement active, accumulant les annonces et les interventions publiques. La CAQ ne ressemble pas vraiment à un parti marqué par l’usure du pouvoir.

La course risque donc d’être beaucoup plus serrée que prévu. Le Parti Libéral semble incapable de gagner le cœur des francophones et ses appuis, même s’ils sont importants, demeurent concentrés à certains comtés. Quant au Parti Québécois, malgré sa situation avantageuse, il fait face au syndrome d’avoir été déclaré gagnant trop rapidement. Rien n’est jamais certain en politique et le vent peut tourner très rapidement.

Qu’en sera-t-il dans le comté de Saint-Hyacinthe? La donne a changé grandement avec le retrait de la vie politique de la députée sortante Chantal Soucy, annoncé au début du mois.

Il faut avouer que celle-ci affiche un bilan plutôt positif. Mme Soucy a toujours été bien présente auprès de la population ou a travaillé à faire avancer les dossiers du comté. On cherche en vain la moindre controverse durant ses 12 ans en poste. Reste donc à savoir qui représentera la CAQ. Son identité demeurait inconnue au moment d’écrire ces lignes.

Du côté du Parti Québécois, Simon-Pierre Savard-Tremblay bénéficiera de la grande machine de la formation politique dans le comté. Les électeurs lui tiendront-ils rigueur d’avoir quitté la scène fédérale 18 mois après son élection? Difficile à dire.

Pour le Parti Libéral, Mariliz Turla-Vadnais reste plutôt méconnue même si elle est native du comté. Elle est relativement jeune, ce qui ne l’empêche pas de présenter une feuille de route intéressante, bien qu’elle ait surtout œuvré au Nouveau-Brunswick.

Du côté de Québec Solidaire, Philippe Daigneault tente de nouveau sa chance mais on voit mal comment il pourrait se distinguer dans cette élection. Quant au Parti Conservateur du Québec, on attend toujours l’identité du candidat local, mais là aussi, le parti reste marginal même si les idées conservatrices ont des adeptes dans la population.

Y aura-t-il des enjeux locaux à cette élection? Pas sûr. Les enjeux risquent davantage d’être les mêmes que partout ailleurs au Québec : le soutien économique face à l’administration américaine, le logement, l’itinérance, la santé ou le pouvoir d’achat des contribuables.

Au-delà de ces quelques enjeux, la question de l’urne risque bien plus d`être en termes de savoir qui nous désirons voir dans le siège de premier ministre pour les quatre prochaines années. Bref, rien n’est donc joué dans cette campagne et c’est ce qui la rendra particulièrement intéressante.