• Ruralité

Arthur Roy, trappeur

Roger Lafrance

Arthur Roy pratique l’un des plus vieux métiers au Québec, celui de trappeur.

Tous les gens férus d’histoire le savent : la fourrure a été le premier produit d’exportation lorsque les premiers Français se sont établis au Québec. Celle de castor était particulièrement prisée par les grandes cours de France, ce qui a incité les coureurs des bois à tisser des liens commerciaux avec les communautés amérindiennes et à découvrir ce vaste continent qu’était l’Amérique.

Arthur Roy pratique l’un des plus vieux métiers au Québec, celui de trappeur. Photo : Roger Lafrance

À 78 ans, bientôt 79, s’empresse-t-il de préciser, Arthur Roy est encore en pleine forme. Cet agriculteur de Sainte-Hélène-de-Bagot cultive encore sa terre et possède toujours un troupeau de moutons et des poules.

Mais sa véritable passion, c’est celle de trappeur. Même encore aujourd’hui, il se passe rarement une journée sans qu’il sorte installer ou vérifier ses pièges, ou qu’il ne reçoive un appel pour un animal nuisible.

« J’ai commencé bien jeune, admet-il d’emblée en entrevue pour le Journal Mobiles. J’ai appris par moi-même. Mon père, ce n’était pas vraiment en lui. »

Pendant longtemps, il a piégé des animaux pour lui-même, pour la fourrure, et principalement dans la région. Des ratons laveurs, coyotes, castors, pékans, loutres ou moufettes. Aujourd’hui, il le fait surtout pour rendre service, car le marché de la fourrure s’est grandement réduit.

Qui sont ses clients? Des agriculteurs qui veulent se débarrasser de bêtes sauvages qui s’en prennent à leur culture. Des municipalités aux prises avec des castors dont les barrages sur les cours d’eau peuvent inonder les champs ou les installations publiques. Et même des particuliers qui voient leur propriété envahie par un raton laveur, par exemple.

Même Expo-Champs a recours à ses services depuis plusieurs années afin de protéger ses champs de démonstration près de l’autoroute 20 à Saint-Liboire.

« J’y vais chaque matin pour faire la tournée de mes cages et voir ce que j’y ai pris. On peut y trouver des ratons laveurs, des moufettes, des rats musqués et des marmottes qui raffolent du soya. Ça peut faire beaucoup de dommages. »

Ses prises, il les relâche ensuite dans la forêt, suffisamment loin pour que les bêtes ne puissent revenir sur place.

Un autodidacte

Peu scolarisé, Arthur Roy a appris par lui-même, en observant la faune. Dans ses pièges, il utilise de la nourriture pour chats ou chiens, sinon des restes de table, pour attirer ses proies. Son secret? La patience, car à ce jeu, l’animal est souvent aussi rusé que l’homme.

« Chez moi, c’était une vraie drogue, confie-t-il. Dans le temps, je partais le matin et il n’était pas rare que je revienne à 15 h sans même avoir dîné. »

Il y a plusieurs années, le gouvernement québécois a même eu recours à ses services dans le sud du Québec, près de la frontière américaine, afin d’endiguer la maladie de la rage qui sévissait dans les États américains.

Ce qui le rend encore plus fier aujourd’hui, c’est d’avoir transmis une partie de ses connaissances à ses enfants et à ses petits-enfants. « Il n’y a rien de plus enrichissant que les petits-enfants », conclut-il.

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  • Voisin en arrière...

    Je peux confirmer ses dires exact et en plus mécanicien à ses heures sur ses tracteurs et autres et toujours présent à rendre service aux arrivant pour leur apprendre les rudiments de la vie de campagne.

  • Bravo

    Monsieur Arthur tu fais rayonner notre belle paroisse, c'qui prouve encore une fois que l'éducation est, bien sur importante, mais les connaissances apprises et aussi transmises le sont toutes autant.

  • Cabane à sucre

    Superbe article sur mon oncle! Mais en plus, il a une cabane à sucre et j’y ai de beaux souvenirs de ma jeunesse passée avec mes cousins!

  • un voisin exemplaire

    c etait mon ancien voisin d en face et je peut vous dire qu'en plus il as le cœur sur la main .toujours prêt a aider et a partager ses connaissances. m. Roy est un exemple a suivre .Jai de très bons souvenir des longue heures passer a discuter avec lui dans son garage .m. Roy est un encyclopédie de savoir et de bonté longue vie a vous M. Roy et merci encore pour les 1000 conseils

  • M.Roy l’homme à tout faire.

    M.Roy l’homme à tout faire. On l’appelle quand on veut relocaliser la faune sauvage qui a établi domicile dans notre garage. Toujours prêt à rendre service.

  • Compagnon de mon enfance

    Je me souviendrai toujours de lui c’était une personne aimable généreuse il aimerait être une personne simple. Je te souhaite une longue santé et continue d’être un amoureux de la nature

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