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L’Arterre, plus qu’une agence de rencontres entre agriculteurs

Roger Lafrance

Pour résumer L’Arterre en quelques mots, on pourrait dire que c’est une sorte d’agence de rencontres pour producteurs agricoles, pas comme dans L’amour est dans le pré, mais plus près de l’émission Dans l’œil du dragon.

« Certains disent qu’on est un Tinder de l’agriculture, souligne Caroline Bérubé, sourire en coin. Nous ne sommes pas non plus des agents d’immeubles. On cherche à réaliser des jumelages entre des aspirants-agriculteurs et des producteurs qui n’ont pas de relève. »

L’Arterre est un service provincial établi dans 78 villes et territoires au Québec. Dans la MRC des Maskoutains, le service remonte à 18 mois seulement. Les agentes de maillage, Caroline Bérubé et Maryse Bernier, desservent trois MRC en Montérégie : des Maskoutains, Pierre-De Saurel et Jardins-de-Napierville. D’autres pourraient toutefois s’y ajouter.

Maryse Bernier et Caroline Bérubé, les deux agentes de maillage de L’Arterre, en Montérégie. Photo Roger Lafrance

Le service répond à un réel problème en agriculture. D’un côté, des producteurs voient venir la retraite en n’ayant aucune relève. Plusieurs choisiront de « démanteler » leur ferme, une solution pas toujours facile quand on a travaillé toute une vie à bâtir son entreprise.

« Se départir de sa ferme, c’est très émotif, confie Maryse Bernier. Certains ne peuvent se résoudre à mettre leurs vaches dans le camion et à les voir partir. Ils vont attendre à la dernière minute avant de faire ce choix. »

De l’autre côté, des aspirants-agriculteurs rêvent de vivre un jour de l’agriculture, mais ne disposent pas des fonds nécessaires pour se lancer. « Il ne s’agit pas nécessairement d’étudiants qui viennent de décrocher leur diplôme, précise Maryse Bernier. Ce sont souvent des gens qui envisagent une deuxième carrière et qui veulent un milieu de vie qui répond mieux à leurs valeurs. »

Plus que des jumelages

Les projets peuvent être variés. Il peut s’agir d’un transfert de ferme, mais aussi d’un producteur qui veut louer une partie de ses terres ou qui recherche un partenaire d’affaires.

L’Arterre s’adresse aussi aux propriétaires qui possèdent des terres, mais qui ne souhaitent pas les exploiter. En les louant à un aspirant-agriculteur, ceux-ci s’assurent que leur propriété conserve une vocation agricole.

Le service ne se limite pas à jumeler producteurs et aspirants-agriculteurs. Il les accompagne dans leur démarche.

« Un transfert de ferme peut s’étaler sur 10 ou 15 ans, confie Mme Bérubé. Nous sommes là pour répondre à leurs besoins au fur et à mesure de leurs démarches, par exemple, en les référant à des agronomes, des conseillers en gestion, des notaires ou des comptables fiscalistes, etc. On les dirige vers les bonnes ressources pour qu’ils puissent continuer. »

Pour la MRC des Maskoutains, le site Internet de L’Arterre recense actuellement une dizaine d’aspirants-agriculteurs et un peu plus de producteurs. Tous les secteurs sont représentés : grande culture, production animale, acériculture ou ferme maraîchère. « On pense que la MRC des Maskoutains, c’est surtout des fermes de grande culture, mais il y a beaucoup de terres de petites dimensions qui seraient intéressantes pour des productions différentes, » signale Mme Bernier.

Au-delà de la sauvegarde des entreprises agricoles existantes, L’Arterre permet de diversifier notre agriculture et d’attirer de nouvelles familles dans des municipalités qui peinent à maintenir leur population. Des répercussions qui vont bien au-delà d’une simple agence de rencontre.

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