Alain Bérubé
Alors que la technologie devait nous conduire vers un monde meilleur, l’analphabétisme continue de faire des ravages.Depuis 30 ans, APAJ (Aide pédagogique aux adultes et aux jeunes) tente de renverser cette tendance en offrant des ateliers personnalisés.
C’est en 1990, lors de l’Année internationale de l’alphabétisation, que des démarches ont été entamées afin de bien cerner les besoins en alphabétisation à travers la région. Un groupe a été par la suite formé par les communautés religieuses maskoutaines. APAJ a obtenu sa charte d’organisme à but non lucratif en 1996.
Au fil des ans, la mission est demeurée la même : améliorer les compétences en lecture, écriture et calcul pour des gens âgés de 16 ans et plus peu scolarisés.
Lors d’une récente activité au Jardin Daniel A. Séguin de Saint-Hyacinthe, la présidente Chantal Lavallée a souligné la passion et la solidarité qui règnent au sein d’APAJ.
« Il y a des gens qui reprennent confiance en leurs capacités. Et d’autres qui trouvent l’encouragement nécessaire pour persévérer. Et d’autres encore qui se sentent simplement soutenus », déclare-t-elle.
Isabelle Giguère, coordonnatrice d’APAJ, soutient que bien des portes se sont ouvertes depuis les débuts de cet organisme.
Actuellement, une trentaine de participants bénéficient gratuitement des services d’APAJ , dans ses locaux à Saint-Hyacinthe. Un bureau est également en place à Acton Vale.
« Nous donnons la chance à bien des gens d’abattre des barrières. Nos ateliers et nos jumelages se déroulent dans une ambiance qui favorise l’apprentissage. Nous pouvons également accompagner les participants lors de prises de rendez-vous ou pour remplir des formulaires », mentionne-t-elle.
Une dose d’espoir
Les données actuelles liées à l’analphabétisme sont préoccupantes. En tout, 22 % des Québécois âgés de 15 ans et plus ont un niveau de littératie – capacité de lire, de comprendre, d’utiliser et d’analyser des textes – inférieur à 1, soit très faible.
Et en Montérégie, 52,2 % des gens de ce groupe d’âge sont sous le « niveau 3 » de littératie, soit le seuil de compétences nécessaires pour comprendre des textes de plus de 300 mots.Ce taux est de 57,2 % dans la MRC des Maskoutains et de plus de 60 % dans la MRC d’Acton.
Mme Giguère demeure malgré tout optimiste.« Dans nos ateliers, les visages s’illuminent. Le fait d’apprendre à maîtriser les mots et les chiffres redonne une bonne dose de confiance », confie-t-elle.
Âgé de 68 ans, Daniel Beausoleil, un ancien participant d’APAJ qui a traversé les années sans savoir lire ni écrire, a partagé son expérience de vie lors de l’activité soulignant les 30 ans de l’organisme.

L’auteur du livre Une lettre à la fois, lancé l’an dernier, affiche le même enthousiasme que Mme Giguère.
« Je veux redonner tout le bienfait que j’ai reçu grâce à l’équipe d’APAJ. Chaque personne analphabète doit avoir la chance de s’en sortir et de briser l’isolement. Ça vaut la peine de se battre et ainsi avoir une vie plus enrichissante », allègue M. Beausoleil.
Chantal Lavallée fait remarquer qu’avec le soutien de plusieurs partenaires et de la population en général, l’équipe d’APAJ peut avoir confiance en l’avenir.
« Les besoins changent, mais le cœur de APAJ reste le même : être présent, innover et accompagner avec respect et bienveillance », conclut-elle.
Pour en savoir davantage : www.apaj.ca, 450 261-0384 ou sur Facebook (« Aide pédagogique aux adultes et aux jeunes APAJ).
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