Société
Pour une première fois en près de 40 ans

La prévention du suicide porte ses fruits

Pour une première fois en près de 40 ans, le taux de suicide chez les Québécois est à son plus faible niveau malgré l’anxiété grandissante chez les jeunes. Les acteurs du milieu communautaire et le plus récent rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) abondent dans le même sens.

Malgré tout, 1 055 personnes se sont enlevé la vie au Québec en 2020. Pour la conseillère scientifique responsable de l’étude publiée par l’INSPQ, Pascale Lévesque, les hommes sont encore largement surreprésentés dans les statistiques en matière de suicide.

« Pour chaque femme qui met fin à ses jours, trois hommes choisissent le suicide. L’une des raisons, c’est que les hommes utilisent des méthodes plus drastiques que les femmes, ce qui fait en sorte que les tentatives de suicide échouent plus rarement chez les hommes », a-t-elle expliqué sur les ondes du 98,5 FM.

Malgré tout, les résultats sont néanmoins encourageants. Le taux de suicide au Québec est à son plus bas depuis 1981. Pourtant, bon nombre de personnes ont grandement souffert durant la pandémie en raison des normes sanitaires et de l’isolement social.

« La sensibilisation en matière de santé mentale a été probablement la clé depuis toutes ces années. On voit vraiment une différence dans le soutien apporté aux personnes vivant avec des troubles de santé mentale », a expliqué la directrice générale de Contact Richelieu-Yamaska, Myriam Duquette.

Le centre d’intervention et de crise en santé mentale situé en Montérégie a vu la demande augmenter de façon importante durant la pandémie. Le contexte pandémique a permis à celui-ci d’obtenir plus de visibilité et d’espace médiatique pour faire découvrir les services. Mme Duquette a néanmoins reconnu que bon nombre de personnes ne connaissent pas nécessairement les ressources existantes.

« Avec les mesures sanitaires, les gens savaient que la santé mentale des individus était affectée. De ce fait, plusieurs personnes ont fait appel à nos services en raison de cette plus grande médiatisation de nos services et de l’importance des ressources de santé mentale qui agissent sur le terrain », a-t-elle ajouté.

Une bonne nouvelle pour le communautaire

Cogestionnaire de la Maison alternative de développement humain (MADH), Françoise Pelletier travaille au quotidien avec des personnes vivant avec des troubles liés à la santé mentale. Celle-ci rappelle que les organismes en santé mentale jouent un rôle important sur le bilan du taux de suicide au Québec.

« Notre travail de terrain est essentiel pour assurer le bien-être des personnes vivant des troubles de santé mentale. Il faut reconnaître le travail de sensibilisation fait dans ce domaine depuis 40 ans, c’est assurément un des facteurs qui permet d’expliquer la baisse du taux de suicide », d’expliquer Françoise Pelletier.

Cette dernière a également salué le programme de revenu de base qui entrait en vigueur le 1er janvier dernier. Les quelque 84 000 personnes vivant avec des contraintes sévères à l’emploi, dont celles vivant des problèmes de santé mentale, ont vu leur chèque d’aide sociale être bonifié de façon considérable pour dépasser les 20 000 $ par année. De nombreux assouplissements ont également été ajoutés pour favoriser l’inclusion sociale de ces individus. Selon elle, il s’agit d’une avancée majeure par le gouvernement du Québec.

Parmi les ombres au tableau dans la plus récente étude, la hausse marquée du nombre d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans qui ont fait une tentative de suicide a de quoi inquiéter. Plusieurs pistes ont été avancées par des experts pour expliquer ce phénomène, dont l’usage des médias sociaux.