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Crise du logement et campagne électorale

Le comité Logemen’mêle et MADH participent à une marche à Québec pour lutter contre la crise du logement

Collaboration Spéciale

Dans le cadre de la campagne électorale provinciale, le FRont d'Action Populaire en Réaménagement Urbain (FRAPRU) et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) ont organisé cette marche à laquelle les membres de Logemen’mêle et MADH ont participés.

Les revendications ciblaient principalement la construction de 50 000 logements sociaux en 5 ans et la mise en place d’un registre public des loyers, comme solutions privilégiées à la crise qui marque le Québec depuis au moins trois ans. La pénurie de logements sociaux a un effet d’entrainement en hausse fulgurante sur l’ensemble du marché de l’habitation; spéculation galopante, hausse générale du prix des maisons, hausse générale des loyers, abus ou négligence des propriétaires, appauvrissement des ménages et diminution de la qualité de vie. La crise de la covid-19 a amplifiée cette tendance jusqu’à la situation actuelle.

Maryse Toupin, ex-résidente et administratrice au conseil d’administration de la Maison Alternative de Développement Humain (MADH), explique: « J’ai vécu des expériences désagréables de discrimination pour me trouver un logement parce que les propriétaires recherchent des travailleurs, et non pas des assistés sociaux. Ça aura pris près d’une dizaine de rencontres avec des propriétaires pour enfin trouver un logement abordable. Ajoutons à ça la crise du logement qui est un autre facteur d’appauvrissement pour les plus démunis. Le logement est la dépense primaire des gens. Avec de telles hausses, on n’arrive plus et c’est une source de stress encore plus écrasante, surtout pour nous, les personnes vivant déjà avec une problématique en santé mentale. » C’est en quoi son organisme participe à cette manifestation pour influencer les partis politiques en faveur d’une « répartition équitable des avoirs », comme l’indique une de leurs pancartes.

Pour Cathy Plante, conseillère en recherche de logement chez Logemen’mêle, l’augmentation de l’offre de logements disponibles diminuera d’autant la pression que subissent les locataires depuis les trois dernières années. « Nous allons à Québec pour obliger les partis politiques à prioriser l’investissement dans le logement social. C’est le principal outil de lutte contre la pauvreté... Contre la misère du monde! ».

« On parle de vraies personnes, de vraies familles là... » insiste Annie Guindon de MADH. « Le prochain gouvernement doit mettre en place des mesures musclées pour régler cette crise sans bon sens. Quand on dit que c’est difficile même pour la classe moyenne, on imagine les ravages que la crise du logement cause chez les plus démunis. Il faut que ça cesse! », lance-t-elle finalement.

Pier-Alexandre Nadeau Voynaud, conseiller en défense des droits chez Logemen’mêle ajoute « L’effet recherché avec l’ajout de 50 000 logements sociaux en 5 ans vas bien au-delà des seules considérations économiques, il s’agit aussi de ramener un rapport d’équilibre entre les propriétaires et les locataires. » Il ajoute : « La pénurie de logements et la crise de la covid-19 ont amenés de nouveaux joueurs dans ce marché fort spéculatif, où le logement n’est plus considéré comme un lieu d’habitation, mais comme une simple marchandise, où les échanges entre les locateurs et les locataires sont bien moins marqués par la valeur humaine que par l’appât du gain. » C’est pour cette raison, précise-t-il, que le RCLALQ et le FRAPRU profitent de cette manifestation pour revendiquer un registre public des loyers, comme outil de contrôle des hausses abusives des loyers.

En ce vendredi matin (16 septembre 2022 vers 9 :00), au point de rendez-vous (Stationnement de la rue Saint-Antoine), les employés de d’autres organismes communautaires œuvrant au Carrefour des groupes populaires de Saint-Hyacinthe encouragent les manifestants, avant leur départ pour Québec. Rosetta Bruno de l’Afeas Richelieu-Yamaska lance un « Bravo! C’est important ce que vous faites... Nous sommes tous avec vous! », par exemple.

Même si des organismes ont décidés de manifester dans leur propre municipalité, MADH et le Comité Logemen’mêle ont plutôt choisi de faire la route jusqu’à Québec pour manifester, parce que c’est là et à ce moment précis de la campagne électorale que le message passera le mieux aux différents partis politiques et aux futurs élus de l’Assemblée nationale. L’investissement et la prise de décision initiale pour la construction ou le financement des logements sociaux se situe d’abord sur ce palier gouvernemental. Les villes et leurs institutions dédiées au logement dépendent de ce processus initial et de l’efficacité de ces manifestations.

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