Société
Le Communautaire à boutte !

Les organismes communautaires maskoutains ont répondu présents

Dans la région maskoutaine, la mobilisation s’est organisée autour de la Cellule locale. Photo : Nelson Dion

Dans le cadre du mouvement Le Communautaire à boutte, des milliers de travailleuses et travailleurs du milieu communautaire ont pris part à une grève nationale, du 23 mars au 2 avril 2026, afin de réclamer un financement suffisant et récurrent à la mission, de meilleures conditions de travail et une reconnaissance pleine et entière de leur rôle essentiel.

Dans la région maskoutaine, la mobilisation s’est organisée autour de la Cellule locale. Comme c’est dans le respect de l’autonomie et des missions des groupes que les activités ont été déployées, il était donc possible pour chacun d’adapter sa participation selon ses capacités organisationnelles.

Une première semaine marquée par la solidarité

À travers une présence accrue sur les réseaux sociaux et dans les médias, un atelier de fabrication de matériel de mobilisation et un flash mob de sensibilisation aux Galeries de Saint-Hyacinthe, le milieu communautaire maskoutain a bien su démontrer sa force de mobilisation.

Une pétition a été déposée à l’Assemblée nationale par la députée de Westmount–Saint-Louis, Jennifer Maccarone. Signée par 19 576 personnes, dont plusieurs de notre région, elle dénonçait le financement nettement inadéquat qui est accordé aux organismes communautaires pour affronter des besoins toujours grandissants. Une précarité qui met directement en péril l’accès à des services essentiels pour les personnes les plus vulnérables de notre société.

Cette première semaine s’est terminée par une mobilisation régionale à Longueuil regroupant près de 3000 personnes, scandant des slogans dans une indignation collective, tout de même portée par l’espoir d’une réelle reconnaissance de leur travail.

Une deuxième sous le signe de la persévérance

Loin de s’essouffler, le mouvement s’est plutôt renforcé durant la deuxième semaine de moyens de pression. La présence du mouvement, autant au local, qu’au régional et au national s’est intensifiée sur les réseaux sociaux et dans les médias. Des appuis de la société civile, des personnes élues et ex-élues, des syndicats et des partis politiques se sont ajoutés à la lutte.

À Saint-Hyacinthe, un point de presse a été organisé au Parc Casimir-Dessaules le 1er avril, où plusieurs organismes de différents secteurs d’activités ont partagé leur réalité quotidienne, mais ont également exposé le vide qu’ils laisseraient dans la société s’ils n’étaient plus là. Le point de presse a été suivi par une marche funèbre sous le thème Le communautaire en deuil, un cortège regroupant une centaine de personnes qui ont marché vers le bureau de la députée de Saint-Hyacinthe à l’Assemblée nationale, Madame Chantal Soucy.

Cette action symbolique visait à illustrer les conséquences concrètes du manque de ressources et à rappeler l’urgence de passer à l’action. « Nous avons besoin d’une capacité d’agir supplémentaire pour faire une différence concrète dans la vie des personnes qui vivent ces situations difficiles et pour affronter les besoins grandissants. » ont affirmé les porte-paroles de la Cellule locale Maskoutaine, Madame Sylvie Tétreault, du Trait d’union Montérégien et Monsieur Pier-Alexandre Nadeau-Voynaud, du Comité Logemen’mêle.

Le point culminant de cette mobilisation s’est déroulé à Québec, devant l’Assemblée nationale. Plus de 10 000 personnes y étaient rassemblées pour le maintien de notre filet social. Monsieur André Beauregard, maire de Saint-Hyacinthe et Monsieur Jeannot Caron, conseiller du district Les Cascades ont également pris part à ce rassemblement historique.

Soulignons que le gouvernement du Québec est resté de glace face à toutes les revendications de ce mouvement en affirmant qu’il en avait déjà fait beaucoup pour le communautaire.

Mais les organismes communautaires entendent maintenir la pression jusqu’à l’obtention d’engagements concrets. Le mouvement n’a pas dit son dernier mot.