Roger Lafrance
Ce n’est pas d’hier que les organismes communautaires concernés par le logement réclament l’instauration d’un registre public et obligatoire des loyers. L’AQDR Richelieu-Yamaska endosse maintenant cette revendication afin de mieux protéger les aînés qui habitent en logement.
« Nous rencontrons des aînés qui ont travaillé toute leur vie et qui sont incapables de se payer un logement décent à leur retraite », explique la présidente de l’organisme de défense des droits des aînés, Rosetta Bruno.
Depuis plusieurs années, l’AQDR Richelieu-Yamaska s’intéresse à la question du logement chez les aînés. L’organisme a déjà organisé un colloque sur la question et consulté ses membres.
Depuis la pandémie, les hausses des loyers affectent tous les locataires. Les aînés sont particulièrement touchés puisque leurs revenus demeurent relativement stables. Si on ajoute les hausses des prix pour l’épicerie et le transport, leur marge de manœuvre se rétrécit comme peau de chagrin.
« Les aînés se retrouvent coincés par les hausses de loyers », soutient Mme Bruno.
Le gouvernement du Québec avait imposé la clause G dans les nouveaux baux, clause où le propriétaire devait indiquer le montant du loyer payé par l’ancien locataire. Or, cette clause est peu respectée par les propriétaires et s’il est possible pour un nouveau locataire de contester une hausse excessive de loyer au Tribunal administratif du logement, la démarche demeure difficile.
Quel serait alors l’avantage d’un registre public où les propriétaires seraient tenus de déclarer le montant de leurs loyers? « La transparence », répond tout simplement Mme Bruno.
« On verrait tout de suite les abus, indique-t-elle. Le registre des loyers permettrait aussi de mieux surveiller le marché immobilier ».
Selon l’AQDR, un registre obligatoire des loyers permettrait de rétablir l’équilibre en limitant les hausses abusives entre deux baux, de connaître les prix réels du marché locatif et d’aider les locataires qui voudraient contester une hausse abusive.
L’AQDR Richelieu-Yamaska n’est pas seule à soutenir cette revendication. Sept autres AQDR porteront aussi cette revendication aux élections provinciales qui auront lieu cet automne.
Le registre public et obligatoire des loyers n’est qu’une des quatre revendications supportées par ces organismes. Ils demandent aussi un gel temporaire des loyers afin de freiner la spirale inflationniste et de donner un répit aux locataires, l’anonymat dans la procédure des plaintes au Tribunal administratif du logement, et la construction accélérée de logements hors marché.
Selon l’AQDR, près de la moitié des aînés n’ont pas accès à un revenu viable. Une meilleure protection au niveau du logement permettrait ainsi de mieux protéger les locataires aînés qui sont particulièrement vulnérables sur le plan financier.


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