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Auberge du Cœur Le Baluchon

Un cri du cœur parce que chaque jeune compte

Alexandre D'Astous

L’Auberge du Cœur Le Baluchon de Saint-Hyacinthe et le Regroupement des Auberges du Cœur du Québec sonnent l’alarme et rappellent au gouvernement qu’il y a urgence d’agir pour des milliers de jeunes, car les problématiques se sont considérablement alourdies et complexifiées depuis le début de la pandémie.

L’Auberge du Cœur Le Baluchon est une maison d’hébergement communautaire qui accueille des jeunes âgés de 12 à 23 ans en difficulté, sans-abri ou à risque de le devenir. L’établissement peut accueillir 9 jeunes de 12 à 17 ans et 15 jeunes de 16 à 23 ans. L’équipe d’intervention utilise une multitude de leviers d’intervention (intervention de groupe, intervention individuelle, intervention familiale, post-hébergement et tous les moments informels de la vie au quotidien) pour que les jeunes soient davantage autonomes et qu’ils adoptent des comportements responsables.

« Le plus grand défi pour une ressource d’hébergement 24/7 présentement n’est pas d’accueillir et d’apporter son aide aux jeunes, c’est là le fondement de notre mission. Le roulement de personnel vient créer de l’instabilité en fragilisant la ressource en plus d’avoir un impact négatif notamment sur les anciens résidents. La rareté de la main-d’œuvre qualifiée et formée, la précarité de certains postes et les postes vacants mettent une pression accrue sur l’équipe en place qui possède déjà une charge de travail considérable », commente la directrice de l’Auberge du Cœur Le Baluchon, Suzanne Demers.

directrice de l’Auberge du Cœur Le Baluchon, Suzanne Demers. Photo : CourtoisieL’Auberge du Cœur Le Baluchon est une maison d’hébergement communautaire qui accueille des jeunes âgés de 12 à 23 ans en difficulté, sans-abri ou à risque de le devenir.Photo : Courtoisie

Non compétitif dans un marché de plein emploi

Selon la directrice, les difficultés de rétention continuent de s’accentuer en raison de l’incapacité d’être un employeur compétitif dans un marché de plein emploi. « Sans équipe d’intervention, il n’y a pas d’hébergement, ni d’activités de prévention, ni d’ateliers de sensibilisation et d’éducation à la citoyenneté, donc un déficit d’opportunités offertes aux jeunes pour qu’ils développent leur autonomie et apprennent à faire des choix plus éclairés. Un financement adéquat et récurrent à la mission doit nous permettre d’offrir une rémunération et des conditions de travail décentes », précise Mme Demers.

Un besoin pour les jeunes

« C’est ma sœur qui m’a convaincu de rentrer aux appartements supervisés du Baluchon. Ce fut la meilleure décision de ma vie. Depuis huit mois, je me vois aller et je suis fier de moi. Tout le monde est gentil avec moi et j’aime pouvoir discuter avec les inters et les autres jeunes. Le Balu, c’est cool, quand tu mets les efforts à la bonne place, ça avance très vite », affirme un ancien résident.

« Quand je suis arrivé, j’étais une chenille avec un boulet, l’Auberge a été mon cocon et je suis reparti papillon », explique un autre ancien résident.

Les impacts de la pandémie

Mme Demers touche du bois, car il n’y a eu aucun cas de COVID-19 dans les logements. « Les consignes sont claires pour les jeunes. Par contre, nous avons dû fermer trois de nos neuf places pour les 12-17 ans pour être en mesure d’isoler un résident advenant un cas positif. Avec la crise du logement qui prévaut à Saint-Hyacinthe, ce n’est pas évident pour un jeune quittant le centre jeunesse de se trouver un logement. Les demandes sont en croissance. Nous accueillons des jeunes pour un séjour de six mois renouvelable un maximum de trois fois. Nous faisons aussi un suivi post-hébergement. Tout cela avec une petite équipe de sept personnes à temps plein et quatre à temps partiel. Nous aurions besoin de trois intervenants supplémentaires et d’une adjointe administrative. »

Des demandes pour le prochain budget provincial

En prévision du dépôt du prochain budget provincial, un rehaussement du financement des Auberges du cœur de 25 M$ est réclamé afin qu’elles puissent réaliser pleinement leur mission d’accompagner adéquatement les jeunes fréquentant les ressources en hébergement. Pour Le Baluchon, la demande est de 826 000 $ supplémentaires pour l’année 2022-23.

Les impacts du sous-financement et de la pénurie de main-d’œuvre sont alarmants : taux de roulement élevé, épuisement professionnel, congés de maladie, personnel insuffisant, etc.

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