Roger Lafrance
On dit souvent qu’une campagne électorale sert essentiellement à convaincre les indécis. C’est encore plus vrai cette année alors que la moitié des Québécois avouaient que leur choix n’était pas définitif au moment du déclenchement des élections. Il n’est donc pas étonnant que l’issue du scrutin soit encore improbable à quelques jours du vote.
Pour la première fois de notre histoire, cinq partis pourraient bien siéger à l’Assemblée nationale. Le vote des électeurs variera d’une région à l’autre. Le Québec n’est plus un bloc monolithique. Il présente aujourd’hui un visage différent, qu’on soit à Montréal, dans le 450, à Québec ou dans une région éloignée.
Qu’est-ce qui fera pencher la balance dans le choix des électeurs? Pour certains, ce sera le choix du meilleur leader, pour d’autres la question de la souveraineté, le programme électoral, une promesse phare ou encore le choix du député local.
Cette année, un autre élément vient ajouter son grain de sel : la menace tarifaire du gouvernement américain. C’est d’ailleurs cet élément qui a permis à Mark Carney de maintenir le Parti Libéral du Canada au pouvoir l’an dernier, alors que tout le destinait à être défait au profit des conservateurs.
L’ombre de Donald Trump aura donc un impact certain dans cette élection. Certains vont se désoler de voir un élément extérieur perturber ce scrutin. Or, cela soulève quand même une question fort pertinente pour les électeurs : quel serait le meilleur leader face à une crise, une situation d’urgence ou une catastrophe naturelle?
On se souvient tous de Lucien Bouchard dans la crise du verglas de 1998 ou de François Legault au début de la pandémie. Dans ces moments, on sent le besoin de se rallier à un politicien en qui nous avons pleinement confiance, comme il est normal de se ranger derrière le gouvernement canadien face aux attaques de Donald Trump, même pour un souverainiste.
Cela nous amène aux engagements électoraux de chacun des partis, aux « fameuses » promesses.
Il y a tellement d’engagements en campagne électorale qu’on y perd souvent son latin! Chaque jour amène son lot de promesses, de réductions d’impôts ou de taxes, de programmes destinés à différentes clientèles, de réduction de la taille de l’état ou d’investissements importants. Il faut l’avouer : c’est difficile de s’y retrouver à travers toutes ces promesses qui ne font souvent qu’accroître le désabusement des électeurs envers la classe politique.
Il n’y a pas de solutions faciles à des situations complexes. Sinon, il y a longtemps qu’on les aurait adoptées! On rêve tous de solutionner les problèmes du réseau de la santé, de raffermir le secteur de l’éducation, d’abolir l’itinérance ou de créer des logements, et ce, tout en baissant les taxes et impôts. Ce beau programme relève de l’utopie.
Cela ne signifie pas qu’une campagne électorale soit futile, loin de là. Nous avons la chance, comme citoyen, de pouvoir exercer notre droit de vote, d’exprimer notre désaccord ou notre adhésion. Ce serait trop bête de ne pas exercer notre droit de vote.
Alors, peu importe pourquoi nous appuierons tel ou tel candidat, l’important ici est de voter. Que le meilleur gagne, en sachant très bien que le futur gouvernement ne pourra pas faire de miracle, de toute façon.
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