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À la découverte de Nos oiseaux

Anne-Marie Aubin

Pendant la pandémie, certains Québécois se sont découvert un intérêt pour l’ornithologie, le printemps et ses arbres dénudés permettant de mieux observer les oiseaux et d’écouter leur chant dans le silence du confinement. Quelle belle façon d’occuper son temps et de prendre l’air ! Afin d’initier les jeunes et les moins jeunes à ce loisir accessible à tous, les Éditions Marchand de Feuilles viennent de publier un superbe album, Nos oiseaux, qui réunit des textes d’Éric Dupont magnifiquement illustrés par Mathilde Cinq-Mars. Un vrai coup de cœur !

Un passionné d’ornithologie gaspésien

Né à Amqui en 1970, Éric Dupont, connu pour son célèbre roman La fiancée américaine, se passionne pour les oiseaux depuis l’enfance. Il signe, à l’occasion, des articles dans la revue QuébecOiseaux. Il réunit, dans ce recueil, des textes brefs sur 40 oiseaux différents, illustrés par Mathilde Cinq-Mars de façon réaliste et artistique, ce qui en fait un véritable livre d’art !

Récits vécus

Éric Dupont adopte la narration au « tu » pour s’adresser au jeune lectorat. Sous forme de récits, diverses anecdotes sont racontées. « Pour mes 12 ans, mon oncle Jean-Rémi m’a offert un guide d’observation des oiseaux et ma première sortie d’observation sur le terrain. […]  Le tout premier oiseau que j’ai identifié avec son aide était un goglu des prés perché sur la clôture qui séparait deux champs laissés en jachère derrière notre maison. »

Un ton jeunesse

L’auteur n’oublie pas qu’il s’adresse à de jeunes néophytes, ainsi, au sujet du harfang, il fait allusion à Harry Potter. À propos de la paruline masquée, il dit : « Seul le mâle porte un masque comme s’il s’apprêtait à voler quelque chose ou qu’il avait peur d’attraper un virus. » Cela touchera la « génération COVID ».

Plusieurs seront attendris par la mésaventure du petit chardonneret « qui s’est fracassé le bec dans la grande baie vitrée de notre maison. Plutôt que de mourir sur le coup, il nous a offert le triste spectacle de sa longue agonie ». Avec sa sœur, il organise des funérailles avec prières et enterrement, puis termine la cérémonie avec la chanson de Michel Fugain, Fais comme l’oiseau, sur le tourne-disque sorti à l’extérieur pour l’occasion. Avec le recul, il se demande s’il en aurait fait autant pour une corneille.

Dans certains passages, on retrouve avec plaisir le style et l’humour de Dupont qui imagine une vengeance des tourtes voyageuses, oiseaux disparus. « Chaque fois que je passe en voiture sur le pont de l’Île-aux-Tourtes qui relie l’île de Montréal à la terre ferme, je m’imagine le film d’horreur suivant : dix millions de tourtes voyageuses fantômes font caca en même temps sur les voitures qui roulent à 130 km/h. Il n’y a plus que des cris et le bruit de la ferraille qui se froisse dans un océan de fiente. »

Plus qu’un guide, un livre d’art

En plus de fournir des informations sur le chant, le plumage, le nid et le comportement de chacun des oiseaux, le guide les regroupe en huit familles. D’abord, « les disparus », ensuite viennent « les mignons », « les magnifiques », « ceux que l’on mange », « les grandes voix », « les ténébreux » et « les maritimes ».

Mathilde Cinq-Mars a si bien réussi à humaniser et à donner une personnalité à chacun des oiseaux qu’on a tous envie d’en faire nos amis. Posés dans leur décor naturel, affublés de petits accessoires (chapeaux, rubans, vêtements), les oiseaux ajoutent un peu de poésie au réalisme, rejoignant ainsi l’univers des enfants.

Des petites bêtes attachantes, des textes qui regorgent d’informations, une invitation à admirer la nature et à la protéger, un cadeau à offrir !

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DUPONT, Éric. Nos oiseaux, illustrations de Mathilde Cinq-Mars, Montréal, Éditions Marchand de Feuilles, 2020, 105 p.

 

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