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Le documentaire "Au bout de la rue" : Une rencontre mémorable

Sophie Brodeur

Le 19 mars dernier Régent Bourque, réalisateur maskoutain, présentait au centre culturel Humania la première de son documentaire Au bout de la rue. Une centaine de personnes s’étaient déplacées pour assister à cet événement qui célèbre la vie d’une grande dame.

Ce film s’attarde sur une période précise de la vie de Mademoiselle Madeleine Arel, une sympathique dame de 98 ans qui fait face à un avis d’éviction de son logement de la rue Saint-François où elle vit et enseigne le piano depuis plus de 50 ans.

Le 19 mars dernier Régent Bourque, réalisateur maskoutain, présentait au centre culturel Humania la première de son documentaire Au bout de la rue. Une centaine de personnes s’étaient déplacées pour assister à cet événement qui célèbre la vie d’une grande dame. PHOTO : Sophie Brodeur

Dans une présentation toute en finesse, Régent Bourque accompagne Mademoiselle Arel durant la période qui précède et suit son déménagement. Il la suit dans son quotidien et lui pose des questions sur elle-même. Bien qu’elle n’ait pas accepté d’emblée d’être filmée et de faire l’objet d’un documentaire, Régent Bourque a su développer une amitié et une complicité avec Madeleine qui a accepté de se livrer avec une touchante sincérité.

Au fil du film, les scènes de la vie quotidienne de Mademoiselle Arel sont entrecoupées de témoignages de personnes de son entourage, d’images des manifestations contre les évictions au centre-ville de Saint-Hyacinthe et d’images de son déménagement, notamment celui de son magnifique piano à queue.

Chacun de ces témoignages nous permet de connaître un peu mieux cette grande passionnée de musique qui a su transmettre son art de façon rigoureuse et bienveillante.  Ils nous révèlent toute l’importance que cette professeure de piano a eue dans la vie des gens qu’elle a côtoyés et l’immense place que la musique a prise dans sa vie

À travers les récits de Madeleine Arel, illustrés par des photos de différentes époques, nous partageons des pans de sa vie qui a été d’une grande richesse culturelle. À une époque, où « on ne niaisait pas le soir », elle s’implique dans les Jeunesses musicales, où elle nourrit sa curiosité et développe sa passion de la musique. Elle devient rapidement professeure de piano et connaîtra au cours de sa vie beaucoup de grands musiciens.

Plusieurs de ses anciens élèves témoignent de l’importance qu’elle a eue pour eux en tant que professeure. Ils sont de toutes les génération et unanimes à dire que Madeleine leur a enseigné, au-delà du piano, l’amour de la musique. Pour elle, l’enseignement est quelque chose de personnalisé. Elle choisit des œuvres que ses élèves aiment et leur inculque une éthique de travail par un système d’émulation.

Dans son nouvel appartement, Madeleine fait preuve d’une résilience étonnante. Son chat et son piano l’ont accompagnée. Elle est aidée par sa nièce et son conjoint et elle a pu continuer à donner des cours. Régent Bourque, dont l’intention est de faire connaître des personnes qui ont des vies d’exception, mais qui ne seront jamais des vedettes, a trouvé en Mademoiselle Arel une réelle géante.

Madeleine n’aura pas eu la chance de voir le film puisqu’elle est décédée quelques jours seulement avant qu’il ne soit prêt. Toutefois, les souvenirs qu’elle laisse et ce documentaire dont elle est le sujet garderont longtemps Mademoiselle Arel vivante dans le cœur de ceux qui ont eu la chance de la connaître, et dans le cœur de ceux qui ne l’ont pas connue personnellement, mais auront découvert cette femme extraordinaire en regardant ce très beau film.

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