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Les vieux chums, du cinéaste maskoutain Claude Gagnon : un nouveau film à voir… mais quand ?

Catherine Courchesne

Avec son plus récent long métrage Les vieux chums, Claude Gagnon livre un récit à la fois léger et profond, où la maladie et la mort côtoient l’amitié et la lumière. Sans ambages, le cinéaste nous parle de son film, presque entièrement tourné à Saint-Hyacinthe. La sortie, prévue en mai 2020, est reportée depuis en raison de la pandémie.

À l’avant, Claude Gagnon lors du tournage du  lm Les vieux chums à Saint-Hyacinthe, été 2019. Photo : Gracieuseté Maison 4:3

Les vieux chums est le 10e long métrage de Claude Gagnon, cinéaste maskoutain prolifique notamment connu pour avoir réalisé Kenny (1987), Le pianiste (1991), Kamataki (2005) et Karakara (2012). Comme la plupart de ses films, Les vieux chums parle d’amitié. « C’est l’histoire de deux bons amis, Pierrot Joyal (Patrick Labbé) et Jacques Larose (Paul Doucet), qui se retrouvent lorsque Pierrot revient du Maroc où il a vécu plusieurs années. Atteint d’un cancer, il fait tranquillement ses adieux à ses proches », explique Claude Gagnon.

Changer en mieux

Malgré la maladie et la mort, Les vieux chums ne sombre jamais dans l’apitoiement. « Je voulais un film lucide, drôle et lumineux, qui donne envie de savourer chaque seconde de la vie, souligne le réalisateur. Peut-être parce qu’enfant, j’ai failli mourir, et que cette proximité avec la mort m’a donné une folle envie de vivre et de rire de tout, même de ce qui fait mal. »

Ce qui fait mal… comme les relations familiales. Car outre l’amitié et la mort, Les vieux chums traite des problèmes entre père et fils. Cependant, encore une fois, le film évite la lourdeur. « Je souhaite plutôt qu’il donne envie aux gens d’appeler ce parent ou cet enfant, avec qui ils entretiennent des différends, afin de se réconcilier. Cela parce que je crois au pouvoir transformateur du cinéma, que le changement entrepris soit petit ou grand. Par exemple, un jour, un jeune homme m’a dit que mon film Kamataki lui avait sauvé la vie. Wow ! Quel beau compliment ! Voilà où je puise mon bonheur, comme cinéaste. »

Saint-Hyacinthe comme décor

Un autre bonheur de Claude Gagnon : tourner ses films dans des lieux qu’il chérit. Parmi ses endroits de prédilection figure Saint-Hyacinthe, ville où il est né. « Le cinéma, c’est souvent pénible. On doit trouver du financement, impliquer de nombreuses personnes… C’est pourquoi j’aime équilibrer ces difficultés en tournant dans des lieux où je me sens bien, comme à Saint-Hyacinthe. »

En visionnant Les vieux chums, les Maskoutains pourront donc reconnaître le marché, l’avenue Mondor, la rue des Cascades, le terminus d’autobus et le feu Resto-Pub le Bouffon. « Aussi, planter mes personnages dans ce décor me permettait de montrer des intellectuels de la région qui, malgré un langage populaire rappelant celui des quartiers Annexe ou Christ-Roi, disent des choses fort brillantes. »

Encore un peu de patience…

La sortie du film, prévue au printemps 2020, est constamment repoussée en raison de la pandémie. Cela dit, Claude Gagnon a tout de même eu le plaisir de présenter Les vieux chums devant public lors du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, en novembre dernier, où le film a été accueilli avec enthousiasme.

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