Culture
Fragments d'histoire - Quelques anecdotes de notre histoire locale (13)

Louis Dulongpré, peintre français décédé à Saint-Hyacinthe

Portrait de Rosalie Papineau, réalisé par Louis Dulongpré. Photo : Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe - Collection CH478 Histoire de Saint-Hyacinthe

Connaissez-vous Louis Dulongpré? Il fut l’un des portraitistes les plus prolifiques au Québec au début du 19e siècle, ayant réalisé quelque 3000 portraits des personnages importants de l’époque.

Si vous visitez le Musée des beaux-arts de Montréal, ou celui de Québec, vous risquez fort de vous retrouver devant une de ses toiles. Et vous serez surpris d’apprendre que ce peintre français né autour de 1759 à Paris est décédé à Saint-Hyacinthe en 1843.

En consultant le Dictionnaire biographique du Canada, on constate que Dulongpré était tout un personnage. Venu aux États-Unis à titre de soldat pour soutenir les insurgés américains lors de la guerre d’indépendance, il y resta une fois démobilisé. Il émigre ensuite au Canada après avoir croisé la route de marchands canadiens.

« Beau, grand, courtois, affable, élégamment vêtu à la mode de l’Ancien Régime, souliers à boucles en brillants, cheveux poudrés, tel apparut Dulongpré aux Montréalais. D’une grande urbanité, il plaisait à tout le monde et s’entendait parfaitement avec les musiciens et les artistes », écrit le Dictionnaire biographique du Canada.

Dès 1787, il fonde une école de danse et de musique avant de se mettre au théâtre avec des amis, tentative qui ne connaîtra pas beaucoup de succès. Comme ses écoles étaient peu rentables, il se lance dans la peinture où il fera sa renommée.

Dulongpré est en effet très en demande. Il réalise les portraits des plus grands noms de l’élite politique et des affaires de Montréal, en plus d’accepter des contrats de peinture pour des églises et des couvents.

Au fil des années, il se lie d’amitié avec la famille Papineau et Dessaulles, seigneurs de Saint-Hyacinthe, au point où son épouse et lui quittent Montréal pour la cité maskoutaine en 1832.

Durant sa vie, Louis Dulongpré ne se limite pas aux arts. En 1812, il s’engage dans la milice du Bas-Canada. Il ouvre aussi une manufacture de tapis et devient actionnaire d’une entreprise de commerce de marchandises, mais il n’eut guère de succès en affaires.

À la mort de sa femme en 1840, Dulongpré s’installe un temps chez ses filles aux États-Unis avant de revenir définitivement à Saint-Hyacinthe, chez un ami français qui venait d’y ouvrir un hôtel. Gravement malade, il est recueilli par Marie-Rosalie Papineau trois jours avant sa mort. Il décède ainsi au manoir seigneurial de Saint-Hyacinthe.