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Étude de la canopée : il manque certains détails

Alexandre D'Astous

Même s’il se réjouit du dévoilement de la première étude de la canopée par la Ville de Saint-Hyacinthe, le Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain estime qu’il manque certains détails, comme les portions de territoire appartenant à la Ville et celles qui sont privées.

« C’est un détail important, parce que la possibilité d’action de la Ville est bien différente sur ses propres terrains que sur des terrains privés. Nous avons maintenant un bon diagnostic entre les mains, il faudra s’assurer de l’utiliser de la bonne manière et de mettre en place un bon plan d’action visant à augmenter la canopée sur l’ensemble du territoire. Nous allons nous assurer que la Ville prend des mesures le plus rapidement possible », commente la présidente du Comité, Julie Perreault.

Plan de développement durable

Conformément à son Plan de développement durable (PDD), la Ville de Saint-Hyacinthe a réalisé sa première étude de la canopée sur son territoire. La canopée, c’est la couverture procurée par la cime des arbres. Dans son PDD, la Ville s’est engagée à diminuer les îlots de chaleur urbains. Pour atteindre cet objectif, plusieurs actions sont prévues en commençant par se doter d’un plan directeur d’accroissement de la canopée.

« Nous avons donc mandaté une agence de géomatique montérégienne afin d’évaluer l’indice de canopée actuel sur l’ensemble du territoire de la Ville. Cette étude et les calculs ont été réalisés à partir de photos aériennes prises en 2020. Une analyse rigoureuse a été effectuée durant l’hiver 2021 et s’est terminée au printemps 2022 », explique le directeur du Service des travaux publics à la Ville de Saint-Hyacinthe, François Lussier.

Analyses par secteurs municipaux et par milieu rural ou urbain

Rappelons que l’indice de canopée correspond au pourcentage de la superficie occupée par la canopée sur la superficie de l’ensemble du territoire. Plus l’indice est élevé, plus le territoire est couvert d’arbres. Les indices de canopée ont été analysés par secteurs municipaux et par milieu urbain et rural.

Les secteurs Sur le Vert, Douville et Assomption obtiennent tous des résultats au-delà de 20 % comme indices de canopée, alors que les secteurs Saint-Sacrement, Sainte-Rosalie, Centre-Ville et Saint-Joseph obtiennent des résultats en deçà de 14 % et des efforts, à court terme, devront être fournis afin d’accroître la couverture apportée par des arbres.

« Les plus vieux quartiers ont plus de besoins. Il va falloir s’y attaquer en priorité. Des plantations seront donc souhaitées prochainement, plus particulièrement dans les secteurs Saint-Thomas-d’Aquin, Douville et Notre-Dame. Il faut aussi arrêter de permettre à des propriétaires de couper des arbres matures et de les remplacer par des petits arbres qui n’apportent pas les mêmes bienfaits qu’un gros arbre », souligne Mme Perreault.

Zone agricole importante

« Il est important de mentionner que la Ville de Saint-Hyacinthe est occupée à 84 % par les zones agricoles et que notre territoire a été durement touché par l’infestation de l’agrile du frêne. Il pourrait apparaître intéressant de nous comparer avec d’autres municipalités. Toutefois, en raison de son vaste territoire agricole, il n’est pas recommandé de le faire avec des villes plus urbanisées, ou encore, se trouvant en région ressource, où l’agriculture est moins intensive. Le meilleur indice de comparaison demeure de se comparer avec nous-mêmes, c’est-à-dire de refaire le même exercice aux trois ou six ans. Il sera alors possible d’apprécier l’évolution de la canopée sur notre territoire et de suivre sa progression dans chacun des secteurs, autant urbains que ruraux », ajoute François Lussier.

Julie Perreault signale qu’il est difficile de convaincre les agriculteurs de planter des arbres. À propos des effets de l’infestation de l’agrile du frêne, elle estime qu’il aurait fallu prendre les devants et planter un petit arbre près de chacun des frênes sur le territoire avant que ceux-ci ne meurent.

L’importance de la forêt urbaine

La forêt urbaine est largement reconnue en matière d’efficacité sur la santé écologique publique et sur la résilience aux changements climatiques. Elle contribue également à une meilleure qualité de vie pour tous les habitants des zones urbaines. La Ville souligne d’ailleurs qu’elle investit chaque année des sommes importantes en plantation et en remplacement d’arbres sur son territoire afin d’y bonifier sa forêt urbaine.

« Il faut aussi tenir compte de journées thématiques telles que la distribution des arbres, effectuée chaque printemps, qui, annuellement, ajoute 500 arbres à notre canopée urbaine, sur les propriétés privées. La journée de la rivière vient également contribuer à des bonifications à l’intérieur des zones de protection des berges », ajoute la contremaîtresse au département parc et horticulture au Service des travaux publics à la Ville, Annie Penelle.

Tableau 1 : L’indice de la canopée par secteurs urbains.

 

Tableau 2 : L’indice de la canopée dans les secteurs ruraux.

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