
Roger Lafrance
Il n’y a pas qu’à Saint-Hyacinthe que les projets de parcs éoliens suscitent de la grogne. Dans plusieurs régions du Québec, des citoyens s’organisent pour en faire un enjeu national.
Le Regroupement vigilance énergie Québec réunit une vingtaine de groupes de citoyens, dont le Comité Maskoutain de Vigilance Éolienne, ainsi que plusieurs autres organisations dont le Syndicat canadien de la fonction publique qui représente les employés d’Hydro-Québec
Ils réclament un moratoire sur tout projet éolien de même qu’un « BAPE générique » et un vaste débat public sur le développement énergétique au Québec, a soutenu la porte-parole de la coalition, Janie Vachon-Robillard, lors d’une conférence de presse tenue le 29 janvier.
Il y a présentement 46 parcs éoliens en activité au Québec et 15 autres projets sont en attente d’une autorisation gouvernementale. La volonté de développer la filière éolienne s’inscrit dans le vaste plan de développement d’Hydro-Québec qui prévoit de doubler la production d’électricité d’ici 2035.
Présente à la conférence de presse, l’ancienne ministre des ressources naturelles et chef de Climat Québec, Martine Ouellet, remet en question les besoins identifiés par Hydro-Québec.
« Nous avons suffisamment d’électricité pour nous sortir du gaz et du pétrole, a-t-elle déclaré. La CAQ s’est livrée à une vaste campagne de désinformation créée de toutes pièces pour démontrer une pénurie d’électricité. Cette pénurie artificielle sert de prétexte pour allouer de gros blocs d’énergie à des entreprises comme Northvolt et exporter de l’électricité qu’on vendra 7 cents le kW alors que toute nouvelle production nous en coûtera 11 cents. »
La coalition réclame également des référendums dans les municipalités concernées en guise d’acceptabilité sociale et que la production éolienne demeure propriété d’Hydro-Québec, et non confiée au secteur privé.
Acceptabilité sociale non démontrée
Ces revendications sont déjà portées par le Comité Maskoutain de Vigilance Éolienne. Pour son porte-parole, Jacques Tétreault, la coalition veut permettre d’élargir le débat à l’ensemble du Québec et de mobiliser tous les Québécois.
« Ce sont les maires qui décident de l’orientation de l’éolien dans la région, affirme-t-il. Or, les maires en veulent parce qu’ils ont un intérêt financier à le faire. Ils se font dire par leur regroupement que c’est une façon d’aller chercher de l’argent pour offrir des services. »
M. Tétreault est d’avis que les consultations tenues par la MRC n’ont pas permis d’obtenir l’aval de la population face aux projets qu’envisagent les promoteurs dans notre région. « La seule façon d’obtenir l’acceptabilité sociale, c’est par des référendums municipaux », soutient-il.
C’est d’ailleurs l’avis de l’expert en énergie, Jean-François Blain. Pour lui, les partenariats offerts aux municipalités et aux communautés autochtones servent avant tout à faire accepter ces projets au sein de leur population. À son avis, ce n’est pas une bonne façon de soutenir le développement régional pour ces régions.
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