Roger Lafrance
Sans tambour ni trompette, un terrain vague depuis plusieurs années s’est transformé en parc éphémère au centre-ville de Saint-Hyacinthe, un lieu où il est maintenant possible de s’arrêter, de s’asseoir et de prendre un moment de repos.
« Notre but était vraiment de créer un lieu de rencontre et de rassemblement, un lieu convivial pour les gens », souligne Jacob Gladu, coordonnateur du Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain (CCCPEM), initiateur du projet.
Ce n’est pas d’hier que ce terrain au coin de la rue des Cascades et de l’avenue de la Concorde Nord est abandonné. La Ville l’avait acquis en 2010 dans son objectif de faire disparaître les bars érotiques de Saint-Hyacinthe. Les Belles de Nuit occupait un édifice qui avait été autrefois une station-service. Suite à la décontamination du site, celui-ci est demeuré inoccupé, la Ville n’ayant pas de projet précis pour cet espace, sinon de le remettre en vente.
Cherchant un moyen de contrer les îlots de chaleur, le CCCPEM a approché la Ville de Saint-Hyacinthe le printemps dernier. Jacob Gladu s’inspirait de l’Esplanade Louvain à Montréal où un vaste terrain a été végétalisé afin de revitaliser le quartier.
Le projet a été particulièrement bien reçu au Service des travaux publics. Depuis des années, on rêvait de verdir cet espace dans ce secteur névralgique du centre-ville. Mais l’idée était toujours remise aux calendes grecques, faute de temps et de moyens.
Après avoir soumis un plan d’aménagement, le projet a aussitôt été accepté et entériné par le conseil municipal. Quelques mois plus tard, vers la mi-août, le projet était aménagé pour quelques milliers de $.
Il faut dire que les employés des travaux publics et de l’horticulture ont donné un bon coup de main à l’organisme environnemental. Quelques arbres et végétaux en surplus ont été utilisés. On s’est même servi des blocs de ciment qui délimitait l’espace pour aménager des bancs. Des treillis ont aussi été installés pour des plantes grimpantes.
« J’aime que des espaces soient utilisés à bon escient, comme ici en plein centre-ville, proches des commerces, afin d’en faire un lieu confortable pour les gens », indique Jacob Gladu.
Saint-Hyacinthe est une des villes québécoises les plus affectées par les îlots de chaleur. Selon diverses cartes interactives, presque tous les secteurs de la ville sont touchés, incluant le centre-ville, les quartiers adjacents et le secteur nord.
Les végétaux et les espaces verts sont importants pour contrer les îlots de chaleur. Ils permettent en effet de rafraîchir la température ambiante, tout en captant les eaux de pluie et en préservant la santé des sols.
Pour Jacob Gladu, ce projet constitue une belle carte de visite pour l’organisme maskoutain et il espère mettre de l’avant d’autres projets de ce genre dans l’avenir. En réalisant des projets concrets, le CCCPEM contribue à contrer les effets des changements climatiques tout en améliorant les milieux de vie de la population.
Déjà, l’organisme a aménagé plusieurs espaces dédiés à la nourriture, appelés forêts nourricières, avec arbres fruitiers et plants de petits fruits, dans quelques municipalités de la région, notamment à Saint-Hugues. L’organisme s’apprête d’ailleurs à aménager dans les prochaines semaines un nouveau projet à Saint-Bernard-de-Michaudville.
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