Marie-Claude Morin
La campagne électorale étant achevée, nous verrons bientôt de nouvelles personnes élues entrer par la grande porte de l’Assemblée nationale. Personne ne peut nier que nous observons, comme partout dans le monde, une montée importante de la droite, une montée inquiétante assurément, mais une montée qui nous donne aussi l’occasion de réfléchir collectivement à ce que nous désirons vraiment comme projet de société.
Le discours populiste est souvent séduisant pour beaucoup de personnes électrices, et je crois qu’il sera important à l’avenir de se pencher sur les vraies raisons de cette montée qui s’observe au Québec, mais aussi partout dans le monde. En se mettant notamment à la place des personnes séduites par ces discours, mais aussi en considérant que beaucoup sont affectées par l’augmentation du coût de la vie et voient une baisse d’impôts comme une solution intéressante pour revenir au pouvoir d’achat qu’elles ont connu par le passé.
Une montée de la droite oui, mais une gauche qui est aussi très mobilisée, qui propose des solutions collectives, et surtout durables, pour améliorer la qualité de vie de nos communautés.
Les résultats de l’élection nous démontrent bien que les idées sont polarisées, mais aussi que nous avons sérieusement besoin d’une réforme de notre mode de scrutin! Nous n’avions jamais eu autant de choix au Québec avec cinq partis en lice, cinq partis représentant tous une tranche de la population et répondant chacun à leur façon aux préoccupations exprimées par les citoyennes et les citoyens.
Le nouveau gouvernement, de par son statut minoritaire, devra consulter, écouter, dialoguer, négocier, agir avec transparence et rechercher des compromis plutôt que de gouverner sans tenir compte des opinions divergentes. Sans compter qu’une majorité à l’Assemblée nationale ne signifie pas du tout l’appui d’une majorité de la population, comme nous en avons eu l’exemple flagrant dans les huit dernières années avec de nombreuses décisions que beaucoup ont eu dans la gorge.
Peut-être que cette instabilité tant redoutée sera une belle occasion de mieux gouverner, de mieux représenter nos communautés. Il est fort possible que la population soit appelée à retourner aux urnes dans deux ans, mais nous pourrions voir cela comme une opportunité, un droit de faire valoir une fois de plus notre accord ou notre désaccord. Les taux de participation stagnent depuis un moment au Québec, 66,45% en 2018, 66,15% en 2022 et 66,89% pour cette année. Pourtant, cela n’a pas empêché à un parti d’accéder au pouvoir de façon majoritaire pendant huit ans. Nous avons eu une stabilité parlementaire, c’est vrai, mais pour ce qui est de la stabilité des conditions de vie de nos collectivités, on repassera. Un gouvernement minoritaire n’aurait pas eu l’occasion de faire ce qui lui chante et, ironiquement, le parti au pouvoir à ce moment-là n’en serait pas là aujourd’hui s’il avait tenu sa promesse de réforme.
Il y a moyen d’intéresser la population à cet enjeu, de se réapproprier collectivement notre système électoral et surtout, arrêter de dire que « ça n’intéresse personne sauf quelques intellectuels ».
Finalement, rappelons-nous que beaucoup d’autres enjeux transpartisans attirent actuellement l’attention. La violence faite aux femmes et aux communautés LGBTQ+, la montée du masculinisme et des discours haineux, la lutte contre l’itinérance, l’accès au logement, la sécurité alimentaire, la reconnaissance de l’expertise des organismes communautaires et le coût de vie qui ne cesse d’augmenter.
Les membres de l’Assemblée nationale auront plusieurs occasions durant ce mandat de mettre leur égo de côté et de travailler ensemble pour une réelle amélioration de la qualité de vie des Québécoises et des Québécois.
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