Roger Lafrance
Les dernières élections municipales semblent déjà bien loin.
Les Maskoutains ont opté pour la continuité. Sans surprise, le maire André Beauregard a été réélu, de même qu’une majorité des conseillers sortants. Trois nouveaux visages font leur apparition, seuls éléments de changement au conseil municipal.
Bien que le nouveau conseil s’inscrive dans la continuité, cela ne signifie pas que le prochain mandat ressemblera à un long fleuve tranquille. Au contraire même. Les défis sont nombreux même si Saint-Hyacinthe bénéficie d’une économie relativement stable, puisqu’elle s’appuie en grande partie sur l’agroalimentaire. Ce n’est pas demain la veille où nous arrêterons de manger.
En fait, on reste étourdi lorsqu’on énumère tous les projets en cours dans la cité maskoutaine : réfection de la Promenade Gérard-Côté, projet de musée dans l’ancienne église Notre-Dame, réaménagement de l’ancien couvent des Sœurs du Précieux-Sang, futur parc à La Providence, terrain de baseball aux abords de l’autoroute, agrandissement et mise aux normes de l’usine d’épuration, 5e pont enjambant la Yamaska, gare intermodale, réfection du parc Dessaulles…
Bref, la cour est pleine! Et à cela, on pourrait ajouter le plan de mobilité active et durable qui aura aussi besoin d’investissements importants d’ici les 10 prochaines années, même si l’administration municipale s’est bien gardée de les chiffrer.
La gestion de l’eau
La dernière campagne électorale a fait ressortir les besoins criants dans la gestion de l’eau. L’usine d’épuration des eaux nécessitera des investissements de quelque 127 millions $, auxquels il faudra ajouter 79 millions $ pour réhabiliter un intercepteur sanitaire. Il en va de même pour l’alimentation en eau potable qui a atteint ses limites. Ces deux dossiers limitent présentement le développement de Saint-Hyacinthe, tant sur le plan industriel que résidentiel. On peut dire sans se tromper que ce seront les priorités du prochain mandat.
Face à ces investissements, il serait sans doute opportun de revoir les projets que la Ville a accumulé dans ses cartons au fil des années. Certains d’entre eux remontent à l’administration Corbeil et Bernier! Les Maskoutains ont une capacité de payer qui n’est pas illimitée et il serait sage de prioriser les projets qui doivent absolument se réaliser à court ou moyen terme, quitte à en reporter certains aux calendes grecques.
L’urbanisme est aussi un dossier qui devrait retenir l’attention du nouveau conseil. Face à la crise du logement, plusieurs villes ont revu leur processus d’octroi de permis de construction afin de faciliter les nouveaux projets domiciliaires et de réduire les délais. Si l’on se fie à certaines critiques, Saint-Hyacinthe aurait certainement du travail à faire de ce côté-là.
On pourrait y ajouter la volonté de densifier le développement résidentiel. Or, la volonté du conseil précédent ne passe pas comme lettre à la poste auprès de bien des citoyens. Une telle orientation est certes louable. Par contre, celle-ci doit être acceptée par une majorité de citoyens, ce qui est loin d’être le cas présentement.
Bref, ce ne sont pas les défis qui manquent à Saint-Hyacinthe. Il y aura certainement des choix à faire, mais il faudra toujours garder en tête la capacité financière de notre ville et de ses citoyens.
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