Politique

Élections partielles en 2020  ?

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Sans conseillère municipale depuis le décès de la conseillère Nicole Dion Audette, survenu le 10 avril dernier, les électeurs du district Hertel-Notre-Dame pourraient bien devoir patienter jusqu’aux élections générales de novembre 2021 afin de connaître la personne qui les représentera au conseil municipal.

Le 6 août dernier, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a annoncé qu’il y aurait des élections partielles municipales le 4 octobre prochain. Cette annonce visait toutefois les municipalités dont le poste à la mairie est vacant ou dont le quorum n’est plus atteint.

Le journal Mobiles a appris que le ministère envisageait la possibilité de ne pas tenir d’élections partielles, jugées non essentielles pour le fonctionnement de l’appareil municipal. Ce serait le cas de la Ville de Saint-Hyacinthe.

« Le ministère analyse la possibilité que des modifications législatives soient proposées à la ministre, à l’automne 2020, afin que les postes de conseiller vacants au sein des conseils municipaux ne soient pas obligatoirement pourvus d’ici les élections générales de 2021. Une telle mesure, pour entrer en vigueur, devrait être adoptée par l’Assemblée nationale », a expliqué le relationniste du ministère, Pierre-Luc Lévesque.

De plus, la décision de tenir une élection partielle appartient à la Ville de Saint-Hyacinthe. Celle-ci pourrait demander au MAMH (ministère des Affaires municipales et de l’Habitation) de laisser le siège vacant jusqu’aux élections générales de 2021. Habituellement, la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit que la Ville peut garder un siège vacant sur une période inférieure à 12 mois des élections générales, ce qui n’est pas le cas ici.

La Ville de Saint-Hyacinthe n’a toutefois pas statué si elle adressait une demande pour la tenue d’une élection partielle dans le district Hertel-Notre-Dame. C’est, du moins, ce qu’a fait savoir la directrice des communications de la Ville de Saint-Hyacinthe, Brigitte Massé. Les citoyens du secteur en question pourraient donc se retrouver sans voix au conseil municipal pendant plus de 18 mois.

Élections partielles en temps de pandémie

Le contexte pour des élections partielles est encore plus particulier en raison de la COVID-19. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a assuré que des recommandations émises par la santé publique seront en vigueur pour la tenue des élections partielles, et ce, dans l’ensemble des municipalités qui se prêteront à l’exercice.

« Le MSSS est en pourparlers avec le MAMH, Élections Québec et le MEES [ministère de l’Édutation et de l’Enseignement supérieur] pour discuter du protocole et des mesures à mettre en place pour que le processus démocratique puisse s’exercer en toute sécurité pour les travailleurs et la population. Il est donc trop tôt pour donner des détails. Les procédures seront annoncées en temps et lieu », a répondu Robert Maranda, relationniste avec les médias au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Les électeurs guidés par le devoir civique

Dans le but de connaître l’opinion des citoyens du district Notre-Dame-Hertel, le journal Mobiles est allé à la rencontre d’une dizaine d’électeurs du secteur au cours des derniers jours. Environ 80 % des personnes questionnées ont confirmé leur intention d’aller voter si des élections partielles avaient lieu cet automne.

Pour Rémi Proulx, résident du secteur depuis de nombreuses années, il s’agit d’un devoir civique. À ses yeux, des élections partielles sont essentielles pour la démocratie municipale.

« Plusieurs décisions importantes sont prises chaque mois au conseil municipal ; ça nous prend une personne pour représenter notre voix. Notre parole doit se faire entendre autant que celle des autres secteurs de la Ville », a expliqué l’homme très impliqué en politique.

En rémission d’un cancer, Rémi Proulx ira voter si élections partielles il y a. Il n’est pas le seul.

Ginette Lambert raffole de travailler aux élections, qu’elles soient municipales, provinciales ou fédérales. Elle n’a pas raté une élection depuis 25 ans et attend impatiemment les prochaines élections, et ce, même si nous sommes en temps de pandémie.

« Avec le port du masque obligatoire, le lavage des mains et la distanciation physique à deux mètres, je ne suis pas trop inquiète, ce sera sécuritaire », a-t-elle fait valoir.