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Des familles devront quitter la région faute de logements disponibles

Alexandre D'Astous

La concertation maskoutaine en matière de logement, qui regroupe plusieurs organisations, assure que des familles devront quitter Saint-Hyacinthe et la MRC des Maskoutains en raison d’un manque de logements abordables disponibles à l’approche du 1er juillet.

Photo : Dream way Productions

Lors d’une conférence de presse virtuelle, le 3 juin dernier, la coordonnatrice du Comité Logemen’mêle, Alexandra Gibeault, a dévoilé des chiffres inquiétants. « Présentement, il y a 25 familles qui n’ont pas trouvé de logement pour le 1er juillet. Ce sont 33 % des familles qui utilisent plus de 30 % de leur revenu mensuel pour se loger et il y a, présentement, 483 familles admissibles à un HLM (Habitation à loyer modique) qui sont sans place. Cela démontre un évident manque de logements abordables, mais aussi un manque de logements global, avec un taux d’inoccupation de 0,2 %. C’est sûr que des gens devront partir ailleurs, mais ce n’est pas mieux dans le reste de la MRC ou même dans la région de Granby. Des gens devront se rendre vers Drummondville ou en Estrie ».

Mme Gibeault salue tout de même la proactivité du conseil de ville de Saint-Hyacinthe qui, en mars, a fait les démarches pour établir un protocole d’entente avec la Société d’habitation du Québec (SHQ). Cette entente lui permettra d’offrir des solutions temporaires d’entreposage et d’hébergement d’urgence aux personnes qui pourraient en faire la demande.

Le problème persiste

Si cette entente constitue un pas dans la bonne direction, elle ne résout pas tout, à moyen et à long terme. « Le prix des logements augmente. Les gens recevant l’aide de dernier recours n’arrivent pas à trouver de milieu de vie décent, et cela dépasse le 1er juillet. Lorsqu’un couple se sépare, c’est tout un défi pour les deux personnes de parvenir à se loger. C’est un cri d’alarme de l’ensemble des groupes communautaires qu’on lance aujourd’hui », affirme la directrice du Centre d’Intervention jeunesse des Maskoutains, Josianne Daigle.

« En plus des drames personnels, l’étau des loyers élevés entraîne une explosion des demandes dans les ressources d’hébergement d’urgence ainsi que dans les banques alimentaires, et induit une pression accrue sur les organismes communautaires qui soutiennent la population maskoutaine », poursuit Mme Daigle.

Interpeller les élus de tous les paliers

Pour le directeur de la Corporation de développement communautaire (CDC) des Maskoutains, Simon Proulx, il est impératif d’interpeller les élus des trois paliers de gouvernement, mais encore plus de profiter de la campagne électorale municipale pour sensibiliser les candidats à la crise du logement et à ses effets néfastes. « On ne parle même plus d’une crise du logement social, mais d’une crise du logement tout court. On s’attend à des engagements des candidats aux élections municipales de novembre en matière de logements. C’est inadmissible que des Maskoutains doivent se résigner à aller vivre ailleurs », déplore-t-il.

Pour le directeur de la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie (FROHME), Martin Bécotte, les municipalités ont un rôle primordial à jouer, mais l’argent doit venir de Québec et d’Ottawa. Les montants investis en logements sociaux sont clairement déficitaires. Nous sommes au même niveau qu’en 2018, et c’était déjà insuffisant à l’époque. Le Québec a les moyens d’en faire plus et il doit le faire. Ce serait payant, collectivement, d’investir davantage dans les logements sociaux. Présentement, on aide surtout les riches alors que ce sont les gens seuls, les pauvres, les autochtones et les familles monoparentales qui ont des besoins », plaide-t-il.

« Les dépenses du gouvernement ont augmenté de 37 milliards depuis 2018. Pourtant, le gouvernement du Québec dépense maintenant près du double en réductions de taxes scolaires en aide aux propriétaires privés par rapport à ce qu’il injecte en crédits à la Société d’habitation du Québec, et ce, alors que nous sommes en pleine crise du logement. Ce montant est très loin de suffire », affirme le directeur.

Le prix moyen d’un logement de trois pièces et demi, à Saint-Hyacinthe, oscille présentement entre 850 et 900 $ par mois.

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