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La lutte pour les droits des femmes : levons-nous et marchons !

Catherine Courchesne

L'édition 2020 de la Journée internationale des droits des femmes avait pour thème : « Je suis de la Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes. » Cela dit, une fois debout, pourquoi ne pas marcher ? La Marche mondiale des femmes est l’occasion parfaite pour le faire.

Lyne Goulet, présidente de la Coalition des femmes de la MRC Les Maskoutains (CO-FEMM)Lyne Goulet, présidente de la Coalition des femmes de la MRC Les Maskoutains (CO-FEMM), persiste et signe : « la lutte des droits des femmes est loin d’être terminée ». En fait, selon elle, cette lutte accuserait même un recul depuis quelques années. Le débat sur le droit à l’avortement, qui fait présentement rage aux États-Unis et même au Canada, en serait un excellent exemple. Toutefois, « le recul est parfois plus subtil, explique-t-elle. Il suffit de penser aux récentes compressions budgétaires du gouvernement fédéral dans le secteur communautaire, un secteur où la main-d’œuvre est majoritairement féminine… » C’est la preuve que les droits des femmes restent des acquis fragiles. Loin de s’asseoir sur ces acquis, il faut plutôt se lever et marcher !

La Marche mondiale des femmes

Marcher, parce que rien ni personne ne doit empêcher les femmes d’aller de l’avant, vers un monde plus respectueux de leurs droits, que ce soit à travers le mouvement #MoiAussi, qui dénonce les violences sexuelles dont elles sont victimes, ou à travers des marches telles que la Marche mondiale des femmes (MMF). « La MMF est une initiative féministe de la Fédération des femmes du Québec, mentionne Lyne Goulet. La première édition a eu lieu en 2000 et prenait racine dans la marche des femmes contre la pauvreté de 1995, alors appelée Du pain et des roses. »

Des revendications vitales

Les revendications de la MMF se présentent en deux volets. Le premier : éradiquer la pauvreté des femmes. Une revendication tout à fait sensée quand on sait que, selon les plus récentes données de la Fondation canadienne des femmes, 21 % des mères célibataires canadiennes élèvent leurs enfants dans la pauvreté. Aider ces mères revient donc à mettre fin à ce cercle vicieux. D’ailleurs, plusieurs femmes hésitent à quitter un conjoint abusif par peur de sombrer dans la misère. Ce qui nous amène au deuxième volet des revendications de la MMF : éliminer la violence faite aux femmes. Ici, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2019, 118 femmes et filles canadiennes auraient été tuées à la suite de violences conjugales. Cela signifie qu’il y a, en moyenne, un féminicide tous les trois jours…

Une marche quinquennale

La MMF, qui rassemble généralement une centaine de pays, se déroule tous les cinq ans. Pourquoi pas chaque année ? « On veut éviter sa banalisation, explique Lyne Goulet. Prenez la Journée internationale des droits des femmes. Plusieurs l’appellent, à tort, la Journée de la femme et croient qu’elle est l’occasion d’offrir des fleurs. Pourtant, le 8 mars est loin d’être une Saint-Valentin ! » Également, ces années de jachère permettent de constater le travail accompli sur le terrain et de s’entendre sur les prochains combats à mener.

La MMF à Saint-Hyacinthe

« En ce qui concerne la MMF à Saint-Hyacinthe, on est en train de constituer le comité d’organisation, affirme Lyne Goulet. De plus amples informations sont donc à venir. » Pour l’instant, une chose est certaine : il y aura une marche nationale qui partira de la ville de Terrebonne, dans la région de Lanaudière, le 17 octobre 2020. Un service de transport est prévu pour les Maskoutains et les Maskoutaines qui souhaiteront y participer, l’idée étant de se rassembler pour frapper plus fort. Après tout, l’union fait la force.

L’union fait la force, oui. C’est pourquoi Lyne Goulet termine en spécifiant que la lutte pour les droits des femmes concerne aussi les hommes. « Il importe que tous et toutes fassent leur petit bout de chemin. » Un chemin qui, rappelons-le, se fait en marchand.

 

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