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Lettre ouverte

Le pouvoir citoyen

Lettre ouverte

Il y a quelques semaines, juste avant Noël, je me suis rendue au comptoir postal de la pharmacie Jean Coutu, aux Galeries St-Hyacinthe. En file, attendant patiemment, je regardais nonchalamment les différents produits d’emballage et d’expédition aux alentours. Vint un moment où mon regard se posa sur une affiche disposée non loin du comptoir où l’on recueille lettres et colis. Quelle ne fut pas ma stupeur de constater qu’ici, à Saint-Hyacinthe (encore, sauf erreur, à 99 % francophone), ville du Québec où le français, envers et contre tout, devrait encore avoir la primauté, les instructions d’envoi de colis étaient écrites, en gros caractères occupant neuf dixièmes de la superficie de l’affiche, en ANGLAIS!

Mon premier réflexe fut, évidemment, de chercher la version française desdites instructions. J’ai dû promener mon regard jusqu’au bas de l’affiche, tout en bas, donc loin du champ de vision naturel des êtres humains habilités à lire pour les trouver, et en plus petits caractères, qui plus est!

Estomaquée, j’ai récupéré mon colis et suis partie, non sans avoir pris l’affiche en photo. Cela ne me servait à rien de signaler le cas à la caissière, je me doutais bien de son impuissance en la matière! Mais j’avais un plan! Arrivée à la maison, je me suis rapidement installée devant mon ordi pour publier la chose sur Facebook, photo à l’appui. Nombreux furent les commentaires indignés en réponse à cette publication. J’ai aussi partagé la chose sur la page du Parti Québécois de la circonscription de Johnson, dont j’assume la présidence.

Je n’oserais affirmer que ma seule démarche a pu provoquer la résolution du cas, mais toujours est-il que l’affiche a été changée. Je crois fermement que je ne suis pas la seule à avoir été offusquée du fait que Postes Canada ait pu, de façon si cavalière, faire affront aux citoyennes et citoyens de Saint-Hyacinthe en faisant fi de notre langue commune, le français. Nul doute que des plaintes ont été adressées, des lettres envoyées ou que sais-je! Ce que je retiens, c’est qu’il s’agit bel et bien d’une preuve tangible que si on prend position, si on exige le respect qui nous est dû, si on hausse le ton, si on dénonce les injustices et les iniquités, on exerce un pouvoir grandiose.

Je vous invite donc, citoyennes et citoyens, à user de ce pouvoir chaque fois que vous serez témoins de telles aberrations. Soyez attentifs, dénoncez ce qui doit l’être. Il n’est pire consentement que celui donné par le silence!

Lyne Goulet
Présidente, P. Q. Johnson

 

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