• Société

Le sourcier et le pouvoir de l’eau

Roger Lafrance

Lorsqu’on évoque un sourcier, on a tous la même image en tête : celle d’un homme avec une branche de noisetier dans chaque main qui arpente un terrain à la recherche d’une veine d’eau souterraine. Une image un peu folklorique.

Mais le sourcier relève-t-il d’une science véritable ou d’une croyance? Le Journal Mobiles a voulu en avoir le cœur net. Yves Auger s’est porté volontaire. Pourquoi lui? Parce qu’il est un des rares au Québec à être sourcier. Si vous contactez l’Association des sourciers et radiesthésistes du Québec, c’est probablement vers lui qu’on vous dirigera.

C’est avec ses simples baguettes faites de cuivre et de laiton qu’Yves Auger part à la recherche de sources d’eau dans le sol. Photo : Roger Lafrance

L’expérience, disons-le, est particulière. Oubliez les branches de noisetier. Yves Auger utilise plutôt des baguettes composées de cuivre et de laiton, deux métaux sensibles aux courants magnétiques. Il les prend dans chaque main et fait quelques pas à l’extérieur de sa maison.

Sans manipulation, les baguettes se tournent automatiquement dans une direction précise. « Tu vois, ici, il y a un tuyau d’eau qui est en partie enterré dans le sol, commente-t-il. Si je me tourne sur moi-même, les baguettes se redirigent dans cette direction. » Stupéfiant.

On s’éloigne quelque peu, le journaliste toujours aussi sceptique. Les mêmes baguettes pointent soudainement dans une autre direction. « Il y a une veine d’eau qui passe là. Je l’avais détectée quand j’ai construit la maison. » Évidemment, on pense à un tour de magie, mais l’expérience s’avère vraiment crédible.

Yves Auger a été initié à cet art par son père, agriculteur, qui se servait de branches de noisetier lorsqu’il cherchait des sources d’eau sur sa ferme. Tout jeune, il s’amusait à répéter les gestes de son père sans trop savoir comment cela fonctionnait.

Après avoir été lui-même producteur agricole, Yves Auger s’est dirigé vers l’enseignement, à l’Institut national d’agriculture biologique du Cégep de Victoriaville. Sa spécialité : les fruitiers.

C’est lors d’un séjour au Honduras dans le cadre d’un projet de coopération internationale qu’il met son « don » au service de collègues qui avaient fait creuser des puits sans trouver d’eau. Sa collaboration a été fructueuse, au point que tout un chacun s’arrachait ses services.

Au tournant des années 2000, il suit un cours en radiesthésie, qui est la faculté d’être sensible aux radiations qu’émettent certains corps ou éléments naturels à l’aide de pendules ou de baguettes. Depuis un peu plus d’un an, à l’aube de la retraite, il a décidé de s’y consacrer de façon beaucoup plus importante.

« Les demandes sont en hausse, à cause de la sécheresse et des changements climatiques, confie-t-il. Nous recevons des appels d’un peu partout : des gens qui quittent la ville et qui désirent se construire à la campagne, des producteurs agricoles, beaucoup en culture maraîchère, même des clubs de golf. »

Ce n’est pas donné à tout le monde d’être radiesthésiste. D’abord, il faut y croire pleinement. Ensuite, il faut pouvoir se mettre en état pour détecter les perturbations du champ magnétique terrestre occasionnées par les veines d’eau souterraines. « Il faut être capable de faire le vide en soi, de ne penser à rien. Ça peut s’apparenter à la méditation. C’est très intuitif. »

Yves Auger ne fait pas que trouver des veines d’eau, il peut aussi évaluer à quelle profondeur elles se trouvent, leur force et même leur composition : la présence de fer, de manganèse ou de sodium notamment. Comment fait-il? Il se l’explique lui-même difficilement. « C’est l’intuition », arrive-t-il à dire.

Chose certaine, ça marche, au point que certains puisatiers font même appel à ses services avant de creuser un puits artésien.

On peut être sceptique… mais comme le disait un célèbre personnage au Québec (le Capitaine Bonhomme, pour le nommer), le journaliste a vraiment été confondu.

Écrire un commentaire >

Ajouter un commentaire