Alexandre D'Astous
Après plus de huit ans d’implication comme coordonnatrice du Carrefour des groupes populaires de Saint-Hyacinthe, Lyne Gagné quitte pour une retraite bien méritée, elle qui était sortie de sa retraite pour accepter ce poste, il y a huit ans et demi.
« J’étais à la retraite, mais je m’ennuyais et je voulais me sentir utile. Mon père ayant fait partie des fondateurs du Carrefour, c’est un organisme qui me tient à cœur. C’est pourquoi j’ai décidé de m’y impliquer. Comme coordonnatrice, j’assume la gestion de l’immeuble qui est déléguée au carrefour par la Ville de Saint-Hyacinthe. Ça prend quelqu’un pour coordonner le tout, faire les requêtes et voir à ce que tout aille bien. La partie que j’aime le plus, c’est de m’occuper de mon monde. Pour moi, le communautaire, c’est un trésor à préserver, à enrichir et à partager », explique Mme Gagné.
« Le filet social actuel est rempli de trous qui sont remplis par le communautaire par leur action directe auprès des clientèles et par les représentations auprès des gouvernements pour que ça change parce qu’actuellement ce n’est pas facile. Le communautaire m’est venu naturellement. Je marche dans les traces de mes parents qui se sont toujours investis beaucoup. Comme nous avons été des privilégiés, c’est une façon de redonner à la société et de contribuer à changer la vie des gens un jour à la fois », poursuit-elle.
34 organismes
Le Carrefour héberge 12 organismes et compte 34 organismes membres. Ceux-ci utilisent le Carrefour pour la location de bureaux, l’accès à des salles de réunion et l’offre de services destinés aux personnes qui se sentent isolées, qui vivent avec des problèmes de santé mentale ou qui sont confrontées au chômage. Ensemble, ces organismes constituent le cœur du Carrefour.
« Le Carrefour loue des locaux et il intervient auprès de la clientèle qui entre afin de les orienter. C’est la raison d’être du poste de coordination, en plus de l’administration et de faire le pont avec la Ville. Nous avons trois étages à gérer, en plus du sous-sol. La Ville est très généreuse. Elle s’occupe de toutes les infrastructures. Nous sommes un exemple pour d’autres villes qui m’appellent pour savoir comment ça fonctionne », souligne Mme Gagné.
De plus en plus, la clientèle du Carrefour ne vient pas seulement de la MRC des Maskoutains. « Nous avons des gens qui viennent de Montréal et de Longueuil. Les gens nous les envoient ».
Transition amorcée
La transition à la coordination entre Lyne Gagné et Emmanuelle Hébert s’est amorcée au retour des Fêtes. « Je vais accompagner Emmanuelle tant que le besoin va se faire sentir. Je ne serai jamais plus loin qu’au bout du fil », indique Mme Gagné.
Se sentir utile
Lorsqu’elle a appris que Mme Gagné voulait partir à la retraite, Emmanuelle Hébert était à la recherche d’un nouveau défi professionnel. « Elle m’a expliqué son poste et ça m’attirait grandement. Je me considère outillée pour ce poste », raconte celle qui a œuvré en santé et au service à la clientèle.
« Il y a beaucoup de beaux défis à relever. Je vois cela comme une expérience humaine enrichissante et une façon de me sentir utile », ajoute la nouvelle coordonnatrice.
Un bon départ à la retraite
Mobiles a recueilli les commentaires de quelques personnes œuvrant dans le milieu communautaire qui ont côtoyé Lyne Gagné.
« Elle a su apporter dynamisme et efficacité au sein de Carrefour des groupes populaires. Son organisation et son professionnalisme ont grandement contribué à l’évolution des pratiques au sein du Carrefour, mais aussi aux relations avec nos partenaires, dont la Ville de Saint-Hyacinthe », commente la coordonnatrice de l’organisme Le Trait d’Union Montérégien, Sylvie Tétreault.
« Lyne va nous manquer. Avec elle, nous avions une tranquillité d’esprit. Les tâches se réalisaient en temps et en efficacité. Lyne a su redresser et améliorer le fonctionnement du Carrefour en favorisant une grande collaboration entre les organismes membres. Elle a aussi contribué à une meilleure collaboration avec la Ville de Saint-Hyacinthe », affirme Michel Gauvin, administrateur du Carrefour.
« J’ai adoré travailler avec elle. C’est une femme qui est d’une grande intégrité professionnelle. Elle a toujours voulu rattacher ses actions à quelque chose de plus grand et de plus haut. Elle voulait redonner à la communauté », mentionne le coordonnateur du Collectif de défense des droits de la Montérégie et ancien administrateur du Carrefour, David-Alexandre Grisé.
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