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Pénurie de logements : la caravane du FRAPRU s’arrête à Saint-Hyacinthe

la Rédaction

Dans le cadre de sa campagne Pour du logement social maintenant !, la caravane du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s’est arrêtée, le 6 février dernier, aux Loisirs Christ-Roi de Saint-Hyacinthe, le temps d’une rencontre-discussion sur la crise du logement à laquelle participait une quarantaine d’organismes communautaires et de locataires.

En trois jours, les membres du FRAPRU ont visité une vingtaine de bureaux de circonscription de ministres du gouvernement Legault afin de les sensibiliser sur l’importance de réinvestir dans la création de nouveaux logements sociaux dans un contexte de pénurie de logements, la plus importante en 15 ans au Québec. Le FRAPRU espère ainsi convaincre les membres du Conseil des ministres d’augmenter le financement dédié au logement social et communautaire. Le regroupement demande un grand chantier de nouveaux logements sociaux planifiés pour les cinq prochaines années.

La caravane du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s’est arrêtée, le 6 février dernier, aux Loisirs Christ-Roi de Saint-Hyacinthe. de gauche à droite : Simon Proulx, directeur CDC des Maskoutains, Céline Magontier, organisatrice du FRAPRU. Photo : Nelson Dion

Selon les plus récentes données publiées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation est de 0,4 %, à Saint-Hyacinthe, et le loyer moyen a augmenté de 4,7 % l’an dernier. Le FRAPRU craint que cette pénurie n’aggrave la situation déjà précaire de plusieurs locataires. Lors du recensement de 2016, on comptait, à Saint-Hyacinthe, pas moins de 1 395 ménages locataires consacrant plus de la moitié de leurs revenus pour se loger, leurs revenus médians n’étant que de 12 178 $.

Pour Céline Magontier, l’organisatrice du FRAPRU, « longtemps, la perception voulait que la pénurie de logements soit un phénomène urbain, de grandes villes comme Montréal, Québec ou Laval. Pourtant, la crise de logements qui sévit présentement à Saint-Hyacinthe démontre la fausseté de cette perception ».

De plus, le peu de logements locatifs disponibles entraîne une surenchère au niveau des prix des logements. Le coût moyen d’un appartement de deux chambres est passé de 661 $, en octobre 2018, à 690 $, en octobre 2019.

« Comme à Saint-Hyacinthe, plusieurs communautés sont mobilisées et ont une réelle volonté de voir des projets de logements publics, coopératifs ou sans but lucratif se réaliser dans leur milieu. Le programme québécois AccèsLogis a été sous-financé durant 10 ans, et un important retard a été accumulé », a déploré Céline Magontier lors de la rencontre.

Pour la première fois en 20 ans, le budget déposé l’an dernier par le gouvernement Legault ne finançait pas de nouveaux logements. Il prévoyait seulement une partie de la somme nécessaire pour assurer la mise en chantier des 15 000 logements promis par les gouvernements antérieurs, mais pas encore réalisés. Seulement 835 de ces logements ont levé de terre, à travers le Québec, l’an dernier. À Saint-Hyacinthe, 25 unités ont été érigées durant les trois dernières années.

« Le Québec a les moyens financiers de faire davantage pour que le droit au logement de la population soit respecté. Il faut donner un grand coup, et ce, rapidement », conclut Céline Magontier.

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