Société

Une clinique de rue communautaire pour l’itinérance à Saint-Hyacinthe

En plus de la clinique physique au Centre d'Intervention-Jeunesse des Maskoutains, le projet pilote comprend aussi une unité mobile qui se déplacera dans la Ville à partir de juillet. Photo : Josianne Daigle

Une clinique de rue communautaire pour soutenir les itinérants a vu le jour en octobre 2025 à Saint-Hyacinthe dans le cadre d’un projet pilote auquel participe le Centre d’Intervention-Jeunesse des Maskoutains qui accueille la clinique. Le lancement officiel a eu lieu le 15 avril dernier.

Le projet a été initié par la Direction de la santé publique de la Montérégie, en collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est. Une infirmière a été intégrée au sein de l’organisme et travaille en étroite collaboration avec les travailleurs de rue afin de repérer et de répondre aux besoins de la clientèle. La Ville de Saint-Hyacinthe s’est aussi impliquée, tout comme Centraide qui a contribué à l’aménagement de la clinique physique.

« Dans le fond, c’est une clinique médicale de rue pour les personnes en instabilité résidentielle ou en situation d’itinérance. La clinique est ouverte cinq jours par semaine. Elle est située directement dans le milieu de vie des personnes ciblées. La clinique permet de faire une réaffiliation avec les services de santé traditionnels », explique la directrice du Centre d’Intervention-Jeunesse des Maskoutains, Josianne Daigle.

Des soins de première ligne

Les cliniques proposent une gamme élargie de soins infirmiers de première ligne en santé physique, mentale et sexuelle. Elles offrent notamment des services de vaccination et de prélèvements, du soutien psychosocial, de l’orientation et de l’accompagnement vers d’autres services au besoin.

Il y a eu 56 patients entre le mois d’octobre 2025 et le 15 avril 2026, avant même le lancement officiel du service, pour plus de 300 consultations ou services dispensés.

Une unité mobile qui se déplace

En plus de la clinique physique au Centre d’Intervention-Jeunesse des Maskoutains, le projet pilote comprend aussi une unité mobile qui se déplacera dans la Ville à partir de juillet. « Elle va aller dans des lieux ciblés pour rejoindre des personnes qui ne sont pas rejointes dans les services d’urgence et d’hébergement en itinérance. Nous allons nous rendre directement sur place pour faire de la consultation et ramener vers la clinique. L’objectif est de rejoindre les gens qui ne sont pas en mesure de se déplacer vers la clinique fixe. Ça nous permet de les rattacher à l’offre de services », explique Mme Daigle.

L’unité mobile sera déployée en fonction des besoins de la population, selon un horaire variable.

Des soins de proximité

« Nos cliniques communautaires réunissent une équipe de soins de proximité composée d’intervenants communautaires et de professionnels de la santé. Elles ont pour mission de rejoindre les personnes vivant en marge des réseaux de soins de santé traditionnels, notamment celles en situation d’instabilité résidentielle. Elles proposent des soins de santé adaptés à la réalité de chaque individu, et dispensés directement dans des milieux communautaires accessibles et familiers », expliquait la Direction de la Santé publique de la Montérégie lors de l’inauguration des cliniques de Saint-Hyacinthe et de Vaudreuil-Dorion.  

« Nous sommes des cliniques sœurs. Le projet est né d’une consultation de nos experts de vécus. C’est eux qui ont établi l’offre de services, le panier de soins offerts et les modalités d’accès. »

Les services s’adressent auxpersonnes âgées de 14 ans et plus, désaffiliées des réseaux traditionnels de soins, vivant en situation d’itinérance ou d’instabilité résidentielle, et présentant des problématiques de santé physique, mentale et/ou de dépendance (alcool, opioïdes et autres drogues, etc.)

Le projet pilote se déploiera jusqu’en 2028 avec comme objectif de pouvoir pérenniser le service pour la suite. Avant les cliniques de Saint-Hyacinthe et de Vaudreuil-Dorion, il y avait seulement des cliniques dans les grands centres comme Longueuil.

Josianne Daigle rapporte qu’il y a une croissance de l’itinérance de 20% au Québec et que Saint-Hyacinthe n’y échappe pas. « À Saint-Hyacinthe, nous avons diversifié la réponse à l’itinérance, ce qui nous permet d’avoir des plans de sortie de l’itinérance multiples et variés ».