
Alexandre D'Astous
Quelques semaines après l’annonce fatidique faite au bureau de la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, le refus du gouvernement du Québec d’accorder une zone d’innovation en agroalimentaire à Saint-Hyacinthe passe toujours aussi mal, à tel point que les partenaires du projet demandent une rencontre avec la ministre Christine Fréchette pour débattre de la question directement avec elle.
Rappelons que Saint-Hyacinthe Technopole et ses partenaires municipaux, la Ville de Saint-Hyacinthe et la MRC des Maskoutains, ont été informés de la décision du gouvernement du Québec, le 21 février.
Parmi les motifs énoncés, les représentants du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie soulignent le caractère global de la filière agroalimentaire qui ne permettrait pas, selon eux, de positionner le Québec à l’international, d’attirer des talents et des capitaux étrangers ou encore de proposer des innovations dites de rupture, c’est-à-dire redéfinissant les règles de l’industrie.
Les partenaires ont envoyé une lettre au bureau de la ministre Christine Fréchette, le 6 mars. « On veut parler directement à la ministre. On veut lui dire que nous sommes déçus. Pour nous, ça n’a aucun sens que le Québec ne désigne pas une zone d’innovation en agriculture avec tout ce qui s’en vient. Les gens vont toujours manger », déclare le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard.
La ministre ouverte à une rencontre
Lors d’une conférence de presse le 6 mars à Sorel-Tracy, la ministre Fréchette s’est dite ouverte à une rencontre avec les gens de Saint-Hyacinthe Technopole et de la Ville de Saint-Hyacinthe à propos de la zone d’innovation.
Elle a indiqué aux journalistes présents que le projet de Saint-Hyacinthe exigerait que des entreprises s’engagent formellement à investir dans des projets d’innovation.
Une tradition centenaire
« C’est une immense déception pour la Ville de Saint-Hyacinthe et pour la MRC des Maskoutains parce qu’on y croyait. On s’était fait dire en mars 2023 que ce n’était pas une question de savoir si on l’aurait, mais plutôt de quand on l’aurait. À mon avis, la raison de la décision, c’est une question de budget. Nous sommes reconnus comme une zone d’innovation à l’international et nous ne sommes pas capables de nous faire reconnaître par notre propre province », déplore M. Beauregard.
« Ils ont trouvé de nouveaux motifs pour nous refuser. On pense que le non s’explique par l’état des finances publiques. Nous avons travaillé pendant cinq ans sur ce dossier. Dans les faits, nous sommes déjà une zone d’innovation et nous sommes profondément désolés de ne pouvoir être reconnus comme tel par notre gouvernement », poursuit le maire Beauregard.
Une recommandation favorable
« C’est une immense déception. Notre dossier de candidature est l’un des rares à avoir reçu une recommandation favorable de la part des différents comités interministériels chargés d’évaluer et de faire cheminer les demandes jusqu’au bureau de la ministre. La déception est d’autant plus grande que nous considérons que notre candidature répondait aux exigences de l’appel de projet du gouvernement du Québec », commente le président de Saint-Hyacinthe Technopole, Patrick Malo.
La députée également déçue
La députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, se dit déçue par la décision de son gouvernement, mais elle ajoute un bémol positif à l’effet qu’il sera toujours possible d’obtenir des investissements en agroalimentaire à Saint-Hyacinthe.
« Le ministère a mentionné que, selon le projet déposé, ce serait bénéfique pour la région d’avoir un centre d’innovation. C’est une structure qui permettrait aux entreprises de partager des technologies et qui pourrait être financée par le gouvernement. Le ministère reconnaît l’importance du travail accompli et que l’agroalimentaire est un secteur névralgique et c’est pourquoi il est prêt à financer un centre d’innovation, si nous avons un promoteur pour le porter », mentionne la députée.
De nombreux partenaires impliqués
Rappelons que Saint-Hyacinthe Technopole et ses partenaires, la Ville de Saint-Hyacinthe, l’Université de Montréal et Cintech agroalimentaire, avait déposé au gouvernement du Québec, il y a quatre ans, un plan d’affaires définissant son projet de mettre en place une zone d’innovation en agroalimentaire sur son territoire.
La zone d’innovation aurait permis l’implantation de différentes infrastructures technologiques (espaces collaboratifs de R et D, unités d’incubation complexe d’expérimentation, etc.), en complément aux institutions et aux services d’appui à l’innovation déjà existants à Saint-Hyacinthe. Ses retombées étaient estimées à plus de 1,5 milliard de dollars d’investissements en nouvelles infrastructures et en projets privés et de recherche et développement expérimental (R et D).
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