Roger Lafrance
C’est une véritable page d’histoire qui se tournera le 31 mai avec la fermeture du marché aux puces des Encans de la ferme. Bien que l’entreprise de ventes d’animaux se relocalise à la sortie 147 de Saint-Simon, le célèbre marché aux puces disparaîtra du paysage maskoutain.
Propriétaire de la biscuiterie, André Rousseau est un des plus vieux commerçants du marché aux puces. À 83 ans, il se tient encore bien droit dans son stand, au milieu des biscuits en vrac, bonbons, chips et petits gâteaux. Ça fera 53 ans le 12 mai prochain qu’il tient commerce.
« Il y a des clients que je sers depuis 45 ans, certaines familles depuis plusieurs générations », lance-t-il fièrement.
Le marché aux puces a longtemps servi les agriculteurs qui venaient vendre leurs animaux les lundis. Puis, celui-ci s’est vraiment transporté les dimanches dans les bâtiments adjacents aux encans d’animaux, avant de s’étendre à tout le week-end.
Pour André Rousseau, c’était un véritable gagne-pain. Pendant longtemps, il faisait la tournée des marchés aux puces au Québec, les petits comme les grands. « Il y a une époque où je faisais 12 marchés aux puces chaque semaine et que j’avais 7 employés », rappelle-t-il.
Est-ce pour lui la retraite? Eh bien non : il a encore des projets en tête, refusant d’en dire davantage.
En face de son stand, Étienne Girardin a belle apparence avec sa longue barbe blanche. Il vend des capteurs de rêve, lampions, pierres, bijoux et objets vintage. Il mettra fin à ses activités à la fermeture du marché aux puces et ira s’occuper de sa fermette à Saint-Théodore-d’Acton.
Plus loin, Claudette Proteau a aussi passé sa vie dans les marchés aux puces. À 88 ans, elle répond encore aux clients, au milieu des sous-vêtements et des vêtements.


Elle n’entrevoit pas la retraite. Son fils, rencontré sur place lors de notre passage, lui aménage présentement un petit local à Saint-Hubert.
« Ça me tient en forme, confie-t-elle. Je veux continuer tant que je vais être capable. Pensez-vous que je serais encore là aujourd’hui si je passais mes journées devant la télé? »
Un attrait touristique
Une autre commerçante, Diane Voyer, trouve dommage que le marché aux puces ne soit pas relocalisé ailleurs à Saint-Hyacinthe. Pour elle, il s’agit d’un véritable attrait touristique, attirant des gens de partout.
Depuis l’annonce de sa fermeture, elle a contacté plusieurs entrepreneurs et a même écrit au maire André Beauregard pour tenter de trouver un espace disponible, mais ses tentatives n’ont donné aucun résultat.
Pour elle, cette activité rejoint une clientèle certaine qui vient y trouver de tout, que les articles soient neufs ou usagés. Sur le site Internet du marché aux puces, on évalue que 200 000 personnes visitent l’emplacement chaque année. L’été, c’est 250 kiosques et marchands que le marché aux puces accueille certains dimanches.

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