Culture

Parlez-moi d’amour : un baume pour le cœur.

L'autrice, Léa Clermont-Dion

Léa Clermont-Dion, autrice, documentariste et essayiste bien connue pour son travail sur la violence, a eu envie d’aborder un sujet plus doux : l’amour.  Elle a donc donné carte blanche à douze auteurs et autrices pour écrire sur ce thème ; douze personnalités qui offrent des textes très variés, touchants, authentiques.

Dans sa présentation, Léa cite les propos de Roland Barthes sur l’amour : « Comme un coup à la gueule, le linguiste a avancé qu’il fallait être amoureux, attendre l’être cher et accepter la souffrance par son absence. » Elle réagit : « Aimer ce n’est pas attendre, c’est agir. Écrivons l’amour. » C’est son cadeau pour ses trente-cinq ans : « Ce livre sur l’amour dans sa forme la plus brute. Un livre des affects, un espace des solitudes et des espoirs. Une carte blanche sur l’amour souhaité, l’amour pensé, l’amour senti. Un cadeau pour elle et pour nous tous. À lire absolument en ces temps troubles.

Douze façons de parler d’amour

De formes littéraires variées (prose poétique, essai et récit), les textes abordent l’amour sous plusieurs formes.  Kim Lévesque-Lizotte signe avec « Ma maison » une déclaration d’amour sensuelle et passionnée. « Entre nous » de Virgine Ranger-Beauregard nous touche en plein cœur avec son récit de rupture.  Catherine Cormier énumère tout ce qui fait que leur amour dure depuis 17 ans avec « J’ai arrêté de dire je t’aime. » Alors que Rebecca Deraspe affirme de son côté : « J’ai besoin que tu me dises que tu m’aimes ». Catherine Éthier déclare ne pas être douée pour l’amour dans « Pied de vent ». Phara Thibault traite de l’adoption dans « Chère toi que j’ai été et que j’aime ». Charlotte Aubin écrit « Le jour est venu » sous forme de poème.  Marylène Gendron raconte sur un ton humoristique quelques jours de vacances dans « Trop chaud pour deux ». Amélie Lemieux offre une réflexion sur la maternité dans « Virginia Woolf n’a jamais eu d’enfant, ou la réappropriation de l’amour maternel : temps, espaces, relations ». Alex Viens aborde l’amour queer dans « L’histoire sans fin » Chloé Savoie-Bernard se questionne sur son manque d’amour avec « Perforations, chemins, canal » et Maïka Sondarjee donne une dimension sociale à l’amour avec « Ce n’est pas féministe de parler d’amour ». Bref, une lecture qui nous emporte et nous fait du bien.

 L’amour est politique

Léa Clermont-Dion s’exprime en quatre temps dans le recueil. Il est davantage question de ses lectures et de ses réflexions que d’un texte personnel sur l’amour. Elle réfute les idées véhiculées sur l’amour chez divers auteurs jusqu’aux masculinistes d’aujourd’hui, qui prétendent savoir comment gérer la vie amoureuse.  Comme plusieurs, Léa se désole de ne pas très bien connaître l’amour. « L’amour est un exercice périlleux qu’on ne nous enseigne pas ou si mal. Nous suivons grégaires les codes répétés dans les films, les contes, les chansons et les récits transmis comme des ritournelles sans cesse fredonnées. (…) il n’existe aucun cours sur l’amour au primaire, au secondaire, au cégep ou à l’université. »

Lire toutes ces voix puissantes à propos de l’amour en cette époque où la haine et la violence prennent trop de place constitue un acte de résistance. Ensemble, agissons, faisons place à la bienveillance, à l’amitié et parlons-nous d’amour!

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Parlez-moi d’amour. Une bluette sous la direction de Léa Clermont-Dion. Éditions Cardinal, 2026, 189 p.

(Textes de Charlotte Aubin, Catherine Cormier, Rébecca Déraspe, Catherine Ethier, Marylène Gendron, Amélie Lemieux, Kim Lévesque-Lizotte, Virginie Ranger-Beauregard, Chloé Savoie-Bernard, Maika Sondarjee, Phara Thibault et Alex Viens)