Roger Lafrance
Êtes-vous de ceux qui sont prêts à faire des kilomètres pour sauver quelques sous sur le prix de l’essence? Depuis que les prix à la pompe ont explosé, on assiste au retour des files à une certaine station-service de Saint-Liboire, réputée pour ses bas prix.
Cette frénésie m’a toujours fasciné… même si je dois avouer qu’il m’arrive d’y succomber! Mais cette recherche du bas prix de l’essence en dit bien long sur notre rapport à l’auto et notre dépendance au pétrole.
Cela nous rappelle surtout que le pétrole est partout dans nos vies, et bien davantage qu’on le pense. Il est présent dans nos moyens de transport, bien sûr, mais il l’est aussi dans tous les biens que nous consommons.
En effet, la plupart des biens qu’on achète proviennent de l’Asie où ils sont produits à des prix qui ont forcé beaucoup de nos entreprises manufacturières à fermer au fil des années. C’est aussi vrai pour l’alimentation. Il suffit d’entrer dans une épicerie pour trouver des produits qui viennent de partout, même en pleine saison des petits fruits où les produits étrangers sont souvent moins chers que ceux produits dans le champ d’à côté.
Au Québec, on a fait le choix il y a longtemps de l’hydroélectricité. C’est ce qui nous donne un avantage indéniable face au pétrole. Il s’agit d’une énergie propre qui demeure malgré tout à faible coût. Même si les projets de développement d’Hydro-Québec suscitent toujours des débats, notamment dans l’éolien, il reste que nous sommes bien équipés pour nous affranchir du pétrole.
C’est ce qui explique que bien des Québécois aient fait le choix de la voiture électrique. Nous sommes d’ailleurs les champions au Canada avec 5% de notre parc automobile constitué de véhicules électriques ou hybrides. Et ce chiffre aurait pu être plus élevé si les gouvernements avaient maintenu leurs incitatifs financiers et si les constructeurs avaient offert des véhicules plus abordables.
Pour réduire notre dépendance au pétrole, il en va de nos choix personnels, comme l’achat d’une auto électrique, mais il en va aussi de nos choix collectifs.
Il faut se le dire, le pétrole a grandement conditionné le développement de nos villes. Les banlieues ont été construites autour de l’auto. C’est aussi le cas à Saint-Hyacinthe où le développement résidentiel se fait surtout aux limites du périmètre urbain.
Nous sommes nombreux à devoir utiliser notre voiture pour nous rendre au travail ou simplement pour aller chercher un carton de lait au dépanneur! Combien de ménages doivent posséder deux voitures?
Il n’est toujours pas aisé d’utiliser le transport collectif, même si les autobus de la Ville de Saint-Hyacinthe réussissent à desservir presque tous les quartiers. Dans l’interurbain, c’est une autre paire de manche. il est toujours plus facile, et pratique, de se rendre à Montréal en auto que d’utiliser l’autobus ou le train.
Bien sûr, la hausse des prix de l’essence est surtout conjoncturelle, liée à la guerre en Iran, mais plus ce conflit s’étirera, moins les prix risquent de baisser rapidement. La dépendance au pétrole est mondiale, tout comme les prix.
Voilà pourquoi la présente crise est une belle occasion de réfléchir à notre dépendance au pétrole. Dans une province où l’hydroélectricité est maître, nous avons tout avantage à être justement moins dépendant de l’or noir.
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