Roger Lafrance
La campagne électorale est maintenant derrière nous. Nous avons de nouveaux députés, un nouveau gouvernement, un nouveau premier ministre.
Que peut-on tirer de ces élections? Évidemment, les Québécois ont exprimé une volonté de changement après huit ans de régime de la CAQ. Pour le reste, les électeurs n’ont éprouvé aucun coup de cœur. Bon nombre d’entre eux ont d’abord écarté ceux pour qui ils ne voteraient pas. Leur choix s’est ensuite porté sur l’option la moins pire, ou la plus acceptable, c’est selon, même si certains aspects de leur programme les rebutaient.
On se retrouve aujourd’hui avec un gouvernement qui veut faire du Québec un pays, même si la majorité des Québécois ne le veulent pas, un gouvernement qui voudra en découdre avec le Canada alors que la cote d’amour du premier ministre canadien Mark Carney est à un sommet. On se croirait revenu à l’époque de René Lévesque et de Pierre Elliott Trudeau!
Le Québec est plus divisé qu’on pourrait le croire, avec des réalités différentes d’une région à l’autre, et des citoyens qui se sentent délaissés par le réseau de la santé et les services publics, où les inégalités sociales et économiques sont croissantes entre les bien nantis et les plus pauvres, entre ceux qui ont un bon emploi et les autres.
Bref, avec un gouvernement minoritaire, les prochaines années risquent de ne pas être reposantes. En tenant compte de tout cela, serons-nous capables d’être plus accueillants envers les personnes immigrantes, d’assurer de meilleures relations avec les peuples autochtones, de mieux protéger notre environnement, ou d’être une société bienveillante envers les plus vulnérables de notre société?
On ne peut que le souhaiter, et sans doute faut-il faire la différence entre un parti en campagne électorale et le même parti au pouvoir, qui doit gouverner pour l’ensemble des Québécois.
En cela, il faut certes féliciter le discours et le ton du nouveau premier ministre Paul St-Pierre Plamondon depuis son élection. Ses propos sont rassembleurs et dignes de l’étoffe d’un premier ministre. Bravo!
Il faut aussi le féliciter de mettre en priorité la lutte à l’itinérance. S’il y a bien une problématique pour laquelle tout le Québec devrait s’attaquer, c’est bien celle-là. Déjà, tous les partis politiques s’entendent sur la tenue d’un sommet, une idée soulevée par l’ancienne première ministre Pauline Marois.
Évidemment, les sommets sont utiles pour créer un momentum autour d’une question. Mais, pour être réellement efficaces, ces initiatives doivent s’accompagner de gestes concrets et rapides. On ne peut pas attendre encore des années au moment où des gens souffrent ou meurent dans leur campement.
Pourtant, les solutions sont connues: il faut davantage de logements sociaux et de logements de transition pour sortir les gens de la rue et leur donner le temps de réorganiser leur vie. Il faut aussi davantage de services en santé mentale et mieux accompagner les jeunes de la DPJ lorsqu’ils atteignent 18 ans. Enfin, il faut mettre de l’avant des solutions plurielles, car la réalité de l’itinérance est différente, qu’on soit à Montréal, Québec, Sherbrooke ou Saint-Hyacinthe.
Comme le disait Pauline Marois, on ne peut pas accepter que tant de gens vivent en situation d’itinérance dans une société aussi riche que la nôtre. Nous avons peut-être là un véritable projet de société qui pourrait nous unir autour d’un même objectif commun.
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